Cette opération à 1,5 milliard d'euros - un multiple de x0,75 le chiffre d'affaires et quinze fois l'EBITDA si l'on inclut les dettes locatives de Dahl dans le calcul de la valeur d’entreprise - est un gros morceau pour Kesko, quoique les synergies qui en résultent y apparaissent aussi évidentes que naturelles.
Groupe sans croissance - ajusté pour l'inflation, le chiffre d'affaires consolidé a décliné sur la dernière décennie - et généralement peu actif en matière d’acquisitions - seulement 1,3 milliard d'euros investi dans sa croissance externe en dix ans - Kesko n'en demeure pas moins un groupe bien piloté, où règne une forte culture de stabilité et d’économie.
La génération de cash y est confortable et l'endettement maintenu sous contrôle, ce qui a permis au groupe d'augmenter sa distribution de dividendes de moitié sur la dernière décennie, avec - comme de nombreux autres noms du secteur de la construction en Europe - des distributions exceptionnelles durant la pandémie.
Le finlandais s'échange présentement à une valorisation boursière équivalente à x14 fois l'EBITDA des douze derniers mois, soit grosso modo ce qu'il débourse pour s'offrir Dahl, qui en l'état réalise un chiffre d'affaires représentant un sixième de celui de Kesko.
Mais entre un tiers et la moitié du coût d'acquisition sera financé par une augmentation de capital. Voici qui, on le voit, déplaît souverainement au marché, nonobstant les synergies promises ; d'autant que l'endettement augmentera encore d'un cran, avec un ratio de solvabilité qui remontera sur son plafond historique.
L'annonce tend aussi à démontrer qu'une valeur d'entreprise proche de x15 fois l'EBITDA est perçue comme équitable, voire presque généreuse pour un distributeur d’équipements et de matériaux de construction. Ceci, assurément, n'échappera pas aux analystes qui suivent le secteur et les pairs européens de Kesko.


















