La banque d'affaires américaine Lazard a soumis une offre de 25 millions de dollars pour tenter de remplacer Centerview Partners en tant que conseil financier du Venezuela, dans le cadre de l'une des plus importantes restructurations de dette souveraine de l'histoire, a indiqué dimanche à Reuters une source proche du dossier.
Le Venezuela avait annoncé en mai avoir recruté la société de services financiers Centerview, également basée aux États-Unis, après avoir lancé la restructuration de sa dette souveraine et de celle de la compagnie pétrolière publique PDVSA, ce qui avait fait grimper le cours des obligations. Le gouvernement vénézuélien a réitéré dimanche avoir choisi Centerview comme conseiller financier.
La source, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a déclaré à Reuters : « Compte tenu de l'expérience de Lazard en matière de conseil aux États souverains, la banque estime que le gouvernement vénézuélien n'a pas besoin de surpayer de manière significative pour obtenir des conseils de restructuration de premier plan. »
Cette offre a été initialement rapportée par Bloomberg News. Selon l'agence, les honoraires proposés par Lazard ne représentent qu'une fraction des 150 millions de dollars au moins que Centerview négociait encore avec le gouvernement le mois dernier.
« Nous remercions Lazard et les autres cabinets pour l'intérêt qu'ils portent au soutien de nos efforts de restructuration de la dette », a déclaré le ministère de la Communication et de l'Information du Venezuela dans un communiqué envoyé par courriel à Reuters.
« Comme lors de nos précédents processus de sélection de conseillers, nous avons appliqué un ensemble de critères cohérents axés sur l'expérience de l'équipe, l'expertise, la qualité de l'analyse et la compréhension de notre situation », précise le communiqué.
« Sur la base de ces mêmes considérations, nous avons sélectionné Centerview Partners comme conseiller financier », a ajouté le ministère.
Un porte-parole de Lazard a refusé de commenter.
Centerview a déclaré dans un communiqué à Reuters que les conditions de son engagement seraient basées sur les taux du marché et que « toute spéculation contraire est fausse ».
Reuters avait précédemment rapporté que la nomination de Centerview, sans processus d'appel d'offres formel, avait soulevé des questions parmi les investisseurs et les responsables officiels quant à l'équité et à la transparence de la procédure.
Centerview aurait discuté d'honoraires mensuels (retainer) de 750 000 dollars et d'une commission de succès (success fee) de 0,1 % du montant total de la dette restructurée, ce qui équivaudrait à un coût compris entre 150 et 200 millions de dollars, selon le rapport de Bloomberg citant un projet de contrat.
Le Venezuela représente l'un des plus importants cas de défaut souverain au monde, l'État et PDVSA totalisant environ 60 milliards de dollars d'obligations en défaut de paiement. Les analystes estiment que le passif total, incluant les sentences arbitrales et les intérêts courus, pourrait dépasser 150 milliards de dollars.
Le conseiller du Venezuela aura pour mission d'élaborer la stratégie financière du gouvernement et de mener les négociations sur sa dette, sur laquelle le pays a fait défaut en 2017 sous la présidence de Nicolas Maduro. L'enjeu porte sur des dizaines de milliards de dollars dus aux créanciers et destinés à faire l'objet d'une décote (haircut), dont l'ampleur sera cruciale pour déterminer la viabilité des finances du pays et sa santé économique.



















