Lazard a proposé des honoraires de 25 millions de dollars, soit une fraction des 150 millions de dollars au minimum que Centerview négociait encore avec le gouvernement le mois dernier, précise Bloomberg, citant une lettre envoyée vendredi à la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez.
Reuters n'a pas pu vérifier ces informations. Lazard, Centerview et le ministère vénézuélien de la Communication et de l'Information n'ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.
En mai dernier, Caracas avait annoncé avoir recruté la société de services financiers américaine Centerview après avoir lancé la restructuration de sa dette souveraine et de celle de la compagnie pétrolière nationale Petróleos de Venezuela SA (PDVSA), ce qui avait entraîné une hausse du cours des obligations.
Centerview avait discuté d'honoraires fixes mensuels de 750 000 dollars et d'une commission de succès (« success fee ») de 0,1 % du montant total de la dette restructurée, ce qui représenterait un coût compris entre 150 et 200 millions de dollars, selon le rapport de Bloomberg s'appuyant sur un projet de contrat.
Toutefois, Reuters avait précédemment rapporté que la nomination de Centerview, effectuée sans processus d'appel d'offres formel, avait soulevé des interrogations parmi les investisseurs et les responsables officiels quant à l'équité et à la transparence de la procédure.
Le Venezuela représente l'un des plus importants cas de défaut souverain au monde, l'État et PDVSA totalisant environ 60 milliards de dollars d'obligations en défaut de paiement. Les analystes estiment que le passif total, incluant les sentences arbitrales et les intérêts courus, pourrait dépasser les 150 milliards de dollars.
Le conseiller du Venezuela aura pour mission d'élaborer la stratégie financière du gouvernement et de mener les négociations sur sa dette, sur laquelle le pays a fait défaut en 2017 sous la présidence de Nicolas Maduro. L'enjeu porte sur des dizaines de milliards de dollars dus aux créanciers et destinés à faire l'objet d'une décote (« haircut »), dont l'ampleur sera déterminante pour la viabilité des finances publiques et la santé économique du pays.



















