Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a annoncé mardi un investissement d'un milliard de dollars dans le Tropical Forests Forever Facility (TFFF), un mécanisme de financement multilatéral proposé par le Brésil afin de soutenir la conservation des forêts menacées. Cette annonce a eu lieu lors d'un événement des Nations Unies à New York.

Cette déclaration, qui confirme une information antérieure de Reuters, fait du Brésil le premier pays à s'engager à contribuer à ce fonds forestier. Il pourrait ainsi représenter la principale initiative du gouvernement brésilien lors du sommet climatique des Nations Unies, connu sous le nom de COP30, qui se tiendra en novembre dans la ville amazonienne de Belém.

« Le Brésil montrera l'exemple », a déclaré Lula. « J'invite tous les partenaires présents à proposer des contributions tout aussi ambitieuses afin que le TFFF puisse devenir opérationnel lors de la COP30. »

Des sources avaient indiqué à Reuters que cette annonce visait à encourager d'autres contributions, tant de la part des économies riches que des pays en développement, qui s'opposent régulièrement sur la question du financement de la politique climatique mondiale.

Cette ambition semble avoir trouvé un écho favorable auprès de plusieurs responsables présents à la réunion. Razan Khalifa Al Mubarak, envoyée spéciale pour la Nature des Émirats arabes unis, a souligné que les efforts du Brésil plaçaient les pays en développement au premier plan du débat sur le financement climatique.

« Porté par le Brésil et adopté à travers les tropiques, le TFFF marque un tournant », a-t-elle déclaré, ajoutant que le fonds représentait « une initiative innovante, menée par le Sud global ».

Plusieurs représentants de pays ont également indiqué qu'ils pourraient suivre l'exemple du Brésil et soutenir le fonds.

« Je vous félicite d'être le premier pays à prendre un engagement aujourd'hui », a affirmé Andreas Bjelland Eriksen, ministre norvégien du Climat et de l'Environnement. « Nous devons rapidement augmenter le nombre de pays sponsors pour que le TFFF atteigne son plein potentiel. »

Le TFFF a également reçu des premiers signes de soutien de la part de pays tels que la Chine, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, Singapour et les Émirats arabes unis, selon des personnes impliquées dans les négociations.

Les responsables politiques envisagent le TFFF comme un fonds de 125 milliards de dollars, combinant des contributions souveraines et privées, qui serait géré comme une dotation. Il verserait chaque année des allocations aux pays en fonction de la superficie de leurs forêts tropicales préservées.

Pour atteindre cet objectif ambitieux, le Brésil a besoin que les gouvernements et les grandes fondations philanthropiques contribuent à hauteur de 25 milliards de dollars dans un premier temps, ce qui pourrait ensuite attirer 100 milliards de dollars supplémentaires de la part d'investisseurs privés, selon les estimations préliminaires.