Le gouvernement canadien a présenté mercredi un nouveau projet de loi sur la sécurité numérique visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans. Des exemptions sont prévues pour les plateformes respectant certains standards de sécurité, quelques mois après que l'Australie a instauré la première interdiction mondiale de ce type pour les jeunes.

Le texte ambitionne également de renforcer la sécurité des agents conversationnels basés sur l'IA en instaurant une autorité de régulation du numérique chargée de définir des normes de sécurité, a précisé un représentant du gouvernement.

Ce dépôt au Parlement intervient quelques semaines après que des familles touchées par l'une des pires tueries de masse du pays ont intenté une action en justice contre OpenAI. Elles soutiennent que l'entreprise savait, via ChatGPT, que le tueur présumé planifiait l'attaque, mais qu'elle n'en a pas informé la police.

En décembre, l'Australie est devenue le premier pays au monde à bannir les réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Un mois après l'entrée en vigueur de la loi, les géants du secteur ont désactivé collectivement les comptes de près de 5 millions d'adolescents.

La France, le Danemark et la Pologne envisagent également de durcir les règles d'utilisation des réseaux sociaux pour les enfants, tandis que la Grèce a annoncé en avril qu'elle en interdirait l'accès aux moins de 15 ans à partir de janvier 2027.

Lors d'une séance d'information technique, des responsables gouvernementaux ont indiqu&é que l'adoption du projet de loi pourrait prendre un an, et qu'un délai de 18 mois supplémentaires serait nécessaire pour mettre en place le régulateur numérique.

Le Premier ministre Mark Carney dispose d'une courte majorité au Parlement, qui doit bientôt suspendre ses travaux pour les congés d'été.