L'économie canadienne a enregistré une hausse inattendue de 60 400 emplois nets en septembre, effaçant presque entièrement les pertes du mois précédent, selon des données publiées vendredi. Toutefois, le taux de chômage est resté à un niveau historiquement élevé.

Le taux de chômage s'est maintenu à 7,1 % par rapport au mois d'août, période durant laquelle il avait atteint un sommet de neuf ans hors années de pandémie.

Les analystes interrogés par Reuters tablaient sur la création de 5 000 emplois et anticipaient une légère hausse du taux de chômage à 7,2 %, a indiqué Statistique Canada.

Depuis le début de l'année, les créations d'emplois au Canada s'élèvent en moyenne à environ 24 000 par mois, soit près de 10 000 de moins que la moyenne des deux années précédentes. Cette baisse s'explique notamment par les tarifs douaniers américains, qui ont contraint certaines entreprises à réduire leurs effectifs ou à freiner les embauches.

L'augmentation de l'emploi observée en septembre provient exclusivement du travail à temps plein, et dix des seize secteurs d'activité ont enregistré des hausses, selon Statistique Canada.

Cependant, plusieurs indicateurs révèlent l'impact d'un ralentissement des embauches et d'une augmentation de la sous-utilisation de la main-d'oeuvre au sein de l'économie.

Le taux de chômage chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans a progressé pour atteindre 14,7 % en septembre, son plus haut niveau depuis quinze ans. Cette tranche d'âge représente environ 14 % de la population active totale au Canada.

De plus, la proportion de personnes occupant un emploi sans rapport avec leur qualification, ainsi que celle des immigrants surqualifiés pour leur poste, a augmenté, reflétant la difficulté actuelle du marché du travail, a précisé l'agence statistique.

La Banque du Canada a averti qu'un excédent de main-d'oeuvre était en train de se constituer dans l'économie et que l'incertitude persistante, conjuguée à l'effet des tarifs douaniers, pourrait accentuer la faiblesse du marché de l'emploi.

Des données économiques moins favorables pourraient inciter la Banque du Canada à abaisser de nouveau son taux directeur plus tard ce mois-ci, après une réduction de 25 points de base à 2,5 % en septembre.

« Dans l'ensemble, les données d'aujourd'hui suggèrent toujours qu'une part importante de la main-d'oeuvre demeure sous-utilisée, ce qui, selon nous, justifie une nouvelle baisse des taux d'intérêt de la part de la Banque du Canada », a déclaré Andrew Grantham, économiste principal chez CIBC Marchés des capitaux.

La vigueur du marché de l'emploi constatée en septembre pourrait toutefois retarder la décision d'une baisse, surtout si les prochaines données sur l'inflation indiquent un raffermissement des prix, a-t-il ajouté.

Les marchés monétaires estiment à environ 72 % la probabilité d'une baisse de 25 points de base du taux directeur ce mois-ci.

Le dollar canadien s'est apprécié à la suite de la publication des données et s'échangeait en hausse de 0,27 % à 1,4018 dollar canadien pour un dollar américain, soit 71,34 cents américains.

Le secteur manufacturier a enregistré sa première hausse de l'emploi depuis janvier.

Ce secteur, qui représente près d'un dixième de la population active, a été le plus durement touché par les tarifs américains cette année. Mais les données de septembre montrent qu'il a connu la plus forte progression en valeur absolue, avec 27 800 emplois supplémentaires, soit une hausse de 1,5 % par rapport à août.

Le secteur agricole a connu une augmentation de 6,1 % et l'emploi dans les ressources naturelles a progressé de 2,2 %.

Le salaire horaire moyen des employés permanents - un indicateur suivi de près par la Banque du Canada pour évaluer les tendances inflationnistes - a augmenté de 3,6 % sur un an en septembre, pour atteindre 37,87 $CAN, soit la même progression qu'au mois précédent.