Les compagnies aériennes du monde entier sont frappées de plein fouet par l'envolée des cours du kérosène provoquée par la guerre en Iran, un phénomène qui ronge les marges, fragilise les bilans et menace la pérennité de l'exploitation.
Cette pression a incité les gouvernements à envisager d'accroître leur soutien aux transporteurs nationaux, avec pour objectif de maintenir des tarifs abordables et de préserver la concurrence.
Dans le cadre de ce programme, Ottawa proposera aux compagnies admissibles jusqu'à 150 millions de dollars canadiens (107,5 millions de dollars US) sous forme de soutien aux liquidités remboursable. Le ministère a précisé que les transporteurs bénéficiant de ce dispositif devront limiter la rémunération de leurs dirigeants et maintenir leurs liaisons intérieures.
Les autorités font toutefois face à un arbitrage délicat, soucieuses de protéger également les principes du libre-marché.
Le transporteur canadien WestJet s'est opposé à la proposition d'Ottawa, exhortant le gouvernement à favoriser l'instauration d'un avenir durable pour l'industrie aéronautique du pays plutôt que de 'poursuivre des subventions coûteuses qui faussent le marché'.
'Les États-Unis, notre concurrent direct, se sont délibérément abstenus de renflouer les compagnies aériennes, dans un esprit de concurrence loyale et équitable', a déclaré WestJet, propriété d'Onex Corp.
Un porte-parole du ministre canadien des Finances a affirmé que ce mécanisme apporte un 'soutien de liquidité immédiat et ciblé' au secteur aérien national face à un choc pétrolier mondial sans précédent, ajoutant que le projet a été élaboré après des discussions avec chaque compagnie.
Interrogé sur ce programme de prêts, le principal transporteur du pays, Air Canada, a déclaré disposer d'un 'bilan très solide, constitué en prévision d'événements tels que la récente flambée des prix du carburant', se disant capable de s'adapter et de gérer la situation.
Aux États-Unis, le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, a déclaré le mois dernier qu'il ne jugeait pas nécessaire que le gouvernement renfloue les transporteurs à bas prix qui réclamaient 2,5 milliards de dollars d'aide, les invitant plutôt à se tourner vers le marché privé.
La crise du kérosène a fait sa première victime en mai avec la cessation d'activité de la compagnie low-cost américaine Spirit Airlines.
S&P Global Ratings a par ailleurs abaissé lundi la note de crédit du transporteur américain JetBlue, l'enfonçant davantage en catégorie spéculative ('junk'), alors que les pertes s'accumulent sous l'effet de la hausse brutale des coûts du carburant.
(1 $ = 1,3947 dollar canadien)



















