Procter & Gamble a publié jeudi un chiffre d'affaires du deuxième trimestre légèrement en deçà des attentes de Wall Street, pénalisé par une faible consommation dans des segments clés comme la lessive et le papier toilette aux États-Unis, qui a éclipsé la bonne performance de ses produits de beauté.
Le bénéfice ajusté a toutefois dépassé les objectifs, signant une performance contrastée pour ce poids lourd américain des biens de consommation, dont les résultats sont considérés comme un baromètre de la santé du secteur alors que de nombreux consommateurs peinent à joindre les deux bouts.
Pour les trois mois clos le 31 décembre, P&G a enregistré des ventes nettes de 22,21 milliards de dollars, contre 22,28 milliards attendus selon les données compilées par LSEG.
Ces résultats placent l'entreprise sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs annuels, malgré un contexte difficile tant pour la consommation que sur le plan géopolitique, a déclaré Shailesh Jejurikar, entré en fonction comme PDG le 1er janvier, dans un communiqué.
La marge brute de base du groupe a reculé pour le cinquième trimestre consécutif, en partie à cause des droits de douane et des investissements dans différents formats de conditionnement, destinés à attirer des consommateurs soucieux de faire des économies.
Les ménages à faibles revenus ont réduit leurs dépenses, y compris pour les produits essentiels, en raison de la cherté de la vie, d'un marché du travail atone et d'une incertitude géopolitique plus large.
La situation a été aggravée par une fermeture du gouvernement qui a retardé le versement des aides alimentaires en octobre et novembre. Le directeur financier de P&G, Andre Schulten, avait d'ailleurs souligné dès début décembre que les ventes étaient en baisse dans toutes les catégories aux États-Unis en raison de cet épisode.
Au total, les volumes de ventes ont diminué de 1 % au deuxième trimestre, avec des reculs dans trois des cinq segments du groupe. Seule la beauté, qui fait figure d'exception depuis un an grâce à l'engouement persistant pour les produits de soin personnel, affiche une progression. Les prix ont augmenté de 1 %.
P&G a également relevé les prix de certains produits pour compenser l'impact des droits de douane imposés par le président américain Donald Trump. La hausse des prix et les innovations dans les gammes capillaires et de soins personnels, incluant les marques Pantene et Olay, ont permis à la beauté de voir ses volumes progresser de 3 %. Ce segment représente environ 18 % des ventes totales du groupe.
Hors éléments exceptionnels, P&G a publié un bénéfice par action de 1,88 dollar, contre 1,86 dollar anticipé, et a confirmé ses objectifs annuels de croissance du résultat de base et du chiffre d'affaires.
Cependant, le groupe a abaissé sa prévision de croissance annuelle du bénéfice net par action, la ramenant à une fourchette de 1 % à 6 %, contre 3 % à 9 % auparavant, en raison de charges de restructuration plus élevées.
P&G poursuit par ailleurs la sortie de segments sous-performants depuis plusieurs années, le dernier en date étant les pains de lessive en Inde et aux Philippines, adaptant ainsi son portefeuille à l'évolution des habitudes de consommation sur les marchés internationaux. L'entreprise prévoit de supprimer environ 7 000 postes hors production sur deux ans.



















