(Actualisé : potentiel contrat majeur, cours de bourse, détails.)
KIEL (dpa-AFX) - Le constructeur de sous-marins TKMS, basé à Kiel, s'estime en position de force pour remporter un contrat majeur au Canada portant sur une douzaine de bâtiments. 'Je pars du principe que nous allons l'emporter', a déclaré le patron de TKMS, Oliver Burkhard. L'entreprise d'armement est en concurrence avec le fournisseur coréen Hanwha Ocean pour la construction de jusqu'à douze sous-marins. Selon les informations de l'agence de presse allemande dpa, le volume de la commande pourrait dépasser les dix milliards d'euros, en fonction du nombre final d'unités. TKMS ne s'est pas exprimé sur ce point. L'action TKMS restait en net repli dans l'après-midi, entraînée par la faiblesse généralisée du secteur sur le marché.
Le titre, coté sur le MDax, a cédé 6,5 % à 73,60 euros. Après la publication des résultats semestriels, la tendance semblait initialement favorable à l'ouverture, mais le sentiment négatif pesant sur le secteur a fini par l'emporter chez les investisseurs, faisant basculer le cours en territoire négatif. Malgré les pertes de ces derniers mois, l'action TKMS affiche encore une progression de près de 13 % depuis le début de l'année.
Le chiffre d'affaires du chantier naval militaire a dépassé les attentes au deuxième trimestre fiscal, mais la marge globale n'a pas suivi, a noté Adrien Rabier de Bernstein Research. Il juge toutefois positivement l'amélioration continue de la rentabilité dans la division sous-marine ainsi que la solidité globale du carnet de commandes.
'Je pense que nous avons ficelé un ensemble industriel sans équivalent', a déclaré M. Burkhard à propos de l'appel d'offres. 'Nous n'avions jamais eu quelque chose de cette dimension auparavant.' Le chantier naval table sur une décision imminente. 'Nous prévoyons qu'elle pourrait intervenir dès le premier semestre.' TKMS et son concurrent Hanwha Ocean ont tous deux annoncé des coopérations avec des entreprises canadiennes afin d'accroître leurs chances d'attribution.
Des bâtiments qui seraient construits à Kiel et Wismar
TKMS figure parmi les leaders mondiaux de la construction de sous-marins à propulsion non nucléaire. Les déplacements de représentants du gouvernement allemand ont aidé à soutenir l'offre, a précisé M. Burkhard. Récemment, le ministre fédéral des Finances Lars Klingbeil (SPD) a plaidé la cause de l'entreprise allemande auprès du Premier ministre canadien Mark Carney.
Une dizaine d'employés de TKMS se trouvent actuellement au Canada, a indiqué M. Burkhard. Ils sillonnent le pays pour promouvoir l'offre. La campagne se trouve dans le 'crunch time', la phase finale. Selon de précédentes déclarations du patron du chantier, le Canada souhaite mettre en service les premiers nouveaux sous-marins au plus tard en 2035. Si TKMS obtient le contrat, ceux-ci seront construits aussi bien au siège de Kiel qu'au second chantier naval de Wismar, dans le Mecklembourg-Poméranie occidentale.
Nouveau record pour les commandes
Même sans ce contrat d'outre-mer, les carnets de commandes à Kiel sont déjà bien remplis. Le chantier naval profite de la demande soutenue en biens d'armement. Au cours de la première moitié de l'exercice - d'octobre 2025 à mars 2026 - le carnet de commandes a atteint 20,6 milliards d'euros, un nouveau record.
Le chantier construit actuellement six sous-marins du nouveau type 212CD pour l'Allemagne et autant pour la Norvège, un modèle qui intéresse également les Canadiens. Les lettres 'CD' signifient 'Common Design'. Cette standardisation doit permettre de réduire les coûts et de faciliter la coopération entre les marines de différents États. Les nouveaux sous-marins mesureront environ 72 mètres de long, soit un peu plus que les actuels bâtiments allemands de la classe 212A. La nouvelle classe dispose de capteurs améliorés et sera manœuvrée par 30 membres d'équipage. Elle est spécialement conçue pour des interventions en Arctique et sous la glace, selon TKMS.
Fin de l'année dernière, TKMS avait reçu une commande de torpilles de la part de la Bundeswehr. En janvier, il a été annoncé que le gouvernement norvégien avait commandé deux sous-marins supplémentaires, s'ajoutant aux quatre déjà commandés.
TKMS étudie des partenariats internationaux
Le total des prises de commandes s'est élevé à 3,4 milliards d'euros. Sur la période de comparaison, cette valeur était encore plus élevée. M. Burkhard a souligné que TKMS pouvait couvrir son carnet de commandes avec ses propres chantiers navals. 'Toutefois, dans une perspective d'avenir, nous étudions dès à présent d'unventuels partenariats internationaux.'
Le chiffre d'affaires a progressé de 10 % pour atteindre 1,17 milliard d'euros, TKMS expliquant que les commandes ont pu être honorées conformément au calendrier. Le résultat avant intérêts et impôts (EBIT) ajusté a augmenté de 14 % à 60 millions d'euros.
Au final, TKMS a dégagé un bénéfice de 27 millions d'euros, soit un recul de 41 %. Cette baisse du profit résulte des investissements consentis pour le développement de l'entreprise, notamment en recherche et développement ainsi qu'en force de vente.
Pour 2025/26, TKMS prévoit toujours une croissance du chiffre d'affaires de 2 à 5 % et une marge opérationnelle ajustée supérieure à 6 %. Au premier semestre, celle-ci s'est établie à 5,1 %. Selon le patron de l'entreprise, la rentabilité devrait s'accélérer au second semestre de l'exercice. Les objectifs à moyen terme ont également été confirmés.
Expansion à Kiel ?
Malgré l'offre concurrente du groupe de défense Rheinmetall, le constructeur naval maintient ses plans de reprise de son voisin de Kiel, German Naval Yards. 'L'argent seul ne construit pas de navires', a lancé Oliver Burkhard à l'adresse de Rheinmetall. Rheinmetall est manifestement plus puissant financièrement que TKMS. Il a précisé avoir 'un prix en tête' pour une éventuelle acquisition, mais ne pas vouloir se lancer dans une surenchère qui n'aurait aucun sens économique pour TKMS.
TKMS et Rheinmetall sont candidats au rachat du chantier naval militaire German Naval Yards, qui appartient au groupe français CMN Naval. Aucune prise de position de CMN Naval concernant ces informations n'est disponible pour l'instant, même après sollicitation. Rheinmetall avait indiqué jeudi qu'une offre non contraignante avait été déposée pour le chantier.
Alors que TKMS se positionne depuis longtemps sur ce dossier, Rheinmetall n'est constructeur naval que depuis peu. Le groupe de Düsseldorf avait racheté fin février la division navale du groupe de chantiers navals brêmois Lürssen.
German Naval Yards appartient au groupe naval français CMN Naval et construit de grands navires militaires tels que des frégates et des corvettes, mais aussi des yachts de haute mer. Les deux chantiers navals militaires partagent un même site et ont longtemps été réunis. Ils sont issus de l'ancien chantier historique HDW (Howaldtswerke-Deutsche Werft AG), dont les origines remontent à 1838. La construction de navires de surface de l'ex-HDW a été scindée et opère sous le nom de German Naval Yards./lkm/akl/nas/men

















