L'indice phare de la Bourse de Francfort a cédé jusqu'à 1,8 % pour s'établir à 22.215 points, tandis que l'EuroStoxx50 reculait de 1,2 %. La récente prolongation de l'ultimatum adressé à l'Iran témoigne de la volonté des États-Unis de mettre fin aux hostilités et de parvenir à une solution négociée, a souligné Thomas Altmann de QC Partners. "Cela démontre toutefois également que les négociations s'avèrent tout sauf simples." Les craintes liées à l'inflation et aux taux d'intérêt, consécutives à la récente flambée des cours du pétrole, ont fait chuter le Dax de près de 12 % depuis le début du conflit fin février.
Le président américain Donald Trump a suspendu jeudi, pour dix jours supplémentaires, les menaces de frappes contre les installations énergétiques iraniennes. Le délai pour la destruction de ces infrastructures court désormais jusqu'au 7 avril à 02h00 (heure de Paris), a précisé le républicain sur sa plateforme Truth Social. Selon ses dires, les discussions avec le gouvernement de Téhéran progresseraient de manière très satisfaisante. Sur les marchés pétroliers, ces déclarations n'ont apporté qu'une accalmie passagère. Après un léger repli technique, le baril de Brent de la mer du Nord et le brut léger américain (WTI) ont progressé chacun de 2,9 %, s'échangeant respectivement à 111,18 dollars et 97,22 dollars.
LES CRAINTES SUR L'APPROVISIONNEMENT DOPENT LES COURS DU BRUT
En raison de la guerre, environ onze millions de barils de pétrole font défaut chaque jour sur le marché mondial. La République islamique a largement bloqué le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, une voie navigable cruciale pour l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel. En temps normal, environ un cinquième de l'offre mondiale de brut et de gaz naturel liquéfié transite par ce détroit. Les analystes de Macquarie Group ont averti que les prix du pétrole pourraient grimper jusqu'à 200 dollars si le conflit devait s'enliser jusqu'à la fin du mois de juin. Début mars, les cours s'étaient déjà envolés temporairement pour frôler les 120 dollars le baril. "La pression sur le marché s'accentue de jour en jour", a prévenu Mukesh Sahdev, PDG du cabinet de conseil australien XAnalysts.
La perspective d'une nouvelle vague inflationniste a également alimenté les spéculations sur un relèvement des taux de la Banque centrale européenne (BCE). Sur les marchés obligataires, les rendements des emprunts d'État européens sont repartis à la hausse. Le Bund allemand à dix ans a atteint un pic de 3,13 %, un niveau inédit depuis 15 ans. Sur les marchés monétaires, les traders tablaient en fin de semaine sur trois hausses de taux de la BCE de 25 points de base chacune d'ici septembre. La probabilité d'un premier tour de vis monétaire d'ici mai est estimée à 60 %. L'euro s'affichait vendredi en léger repli à 1,1511 dollar, tandis que l'indice dollar progressait légèrement à 100,04 points.
LES VALEURS TECHNOLOGIQUES SOUS PRESSION
Du côté des valeurs, le secteur technologique a cristallisé l'attention. Son indice sectoriel européen a reculé de 2 %. Selon les intervenants de marché, les craintes d'un ralentissement de la demande de mémoire, dû aux gains d'efficacité de l'intelligence artificielle, ont pesé sur de nombreux fabricants de puces. Google a présenté en début de semaine un nouvel algorithme de compression, TurboQuant, permettant aux systèmes d'IA d'utiliser beaucoup moins de mémoire sans sacrifier les performances. L'action Samsung Electronics a chuté temporairement de 4,5 % vendredi. Au sein du Dax, Infineon a lâché 4,7 %, tandis qu'Aixtron a dévissé de 7,7 % sur le MDax.
Dans l'indice des valeurs moyennes, Jungheinrich a également été malmené, perdant plus de 4 %. Le fabricant de chariots élévateurs a enregistré une forte baisse de ses bénéfices au cours de l'exercice écoulé, en raison notamment de la cession de sa filiale russe.
(Rapport rédigé par Daniela Pegna. Édité par Olaf Brenner. Pour toute question, veuillez contacter notre rédaction à berlin.newsroom@thomsonreuters.com (politique et conjoncture) ou frankfurt.newsroom@thomsonreuters.com (entreprises et marchés).)

















