FRANCFORT (dpa-AFX) - Après sa récente phase de faiblesse, le Dax pourrait encore peiner au cours de la semaine à venir dans un environnement géopolitique qui demeure sous haute tension. Suite à la phase intensive de l'actuelle saison des résultats qui, selon Claudia Windt de la Landesbank Helaba, a soutenu les cours grâce à de bonnes performances financières, le flux d'actualités en provenance des entreprises va désormais nettement se tarir.
Au regard des craintes inflationnistes et de l'absence de progrès dans les négociations au Proche-Orient, les places boursières s'en sortent plutôt bien jusqu'ici, a souligné Mme Windt. Elle a rappelé les records atteints par des indices majeurs aux Etats-Unis et au Japon. Pour l'indice directeur allemand, l'indice de référence, l'évolution semble toutefois plus réservée. Les prochaines semaines montreront par ailleurs 'l'ampleur des distorsions dans l'économie réelle dues au choc des prix de l'énergie et de l'inflation, qui pourraient également affecter les actions'. Sur le marché obligataire, cela se manifeste déjà plus clairement par une forte remontée des rendements.
Les marchés d'actions tentent toujours de reléguer le conflit au Proche-Orient au second plan, indique la note de conjoncture de la DZ Bank. Pourtant, le Dax et son homologue de la zone euro, l'EuroStoxx 50, cotent toujours nettement sous leurs niveaux précédents malgré le rebond amorcé depuis le début du conflit. A l'inverse, la course aux records à New York, alimentée par la thématique de l'intelligence artificielle (IA), montre que la question iranienne n'y joue plus de rôle majeur. Une telle divergence est également attestée par l'évolution différenciée des indices de volatilité basés sur le Dax et sur l'indice large américain S&P 500.
Avant le week-end, des prises de bénéfices ont certes eu lieu mondialement dans le secteur technologique et particulièrement celui des semi-conducteurs, malgré des résultats américains une nouvelle fois réjouissants. Les observateurs estiment toutefois que le rallye porté par l'IA pourrait reprendre après une pause. Les bourses américaines, avec leurs géants technologiques tels que le spécialiste des puces IA Nvidia, la maison mère de Google, Alphabet, et l'iditeur de logiciels Microsoft, en profiteraient bien plus largement que les marchés européens, où le secteur de la tech n'occupe pas une place aussi prépondérante.
Nvidia publiera traditionnellement son rapport trimestriel mercredi prochain après la clôture de Wall Street, en tant que dernier groupe du cercle des 'Magnificent 7'. Les attentes sont, comme toujours, élevées, et le titre est en mode rallye sur des sommets historiques. La banque canadienne RBC table sur un relèvement des perspectives du spécialiste des puces IA pour le trimestre en cours.
Sur le marché boursier allemand, la situation semble en revanche un peu plus morose. L'analyste de marché Timo Emden y a constaté une 'ambiance de gueule de bois croissante'. Les attentes élevées concernant la rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping avaient initialement soutenu les cours. 'Après le sommet, c'est toutefois la déception qui l'emporte face à l'absence de progrès concrets pour le règlement du conflit iranien.'
L'agenda des entreprises pour la semaine à venir s'annonce allégé. Lundi, la compagnie irlandaise à bas coûts Ryanair fera le point sur son évolution lors de l'exercice écoulé. Le lendemain, l'opérateur boursier Euronext et la chaîne de magasins de bricolage Hornbach présenteront leurs chiffres. Pour jeudi, des rapports sont annoncés entre autres par l'assureur italien Generali et la compagnie aérienne britannique Easyjet. En outre, Südzucker publiera son rapport annuel complet.
Par ailleurs, une série d'indicateurs conjoncturels avancés importants est attendue, a noté Robert Greil, stratège en chef de la banque privée Merck Finck. Tant que le détroit d'Ormuz, crucial pour le commerce mondial de marchandises, ne sera pas rouvert durablement, ceux-ci devraient rester orientés à la baisse. M. Greil anticipe une nouvelle dégradation des indices des directeurs d'achat (PMI), qui seront publiés jeudi. Il redoute le même scénario pour l'indice Ifo du climat des affaires en Allemagne vendredi, qui devrait avoir reculé en mai pour le troisième mois consécutif./gl/ajx/he
--- Par Gerold Löhle, dpa-AFX ---
















