Le dollar s'est légèrement redressé après avoir touché un creux de trois semaines face à l'euro et au franc suisse mercredi, alors que les investisseurs ont analysé le discours du président américain Donald Trump à Davos, après que ses menaces tarifaires ont provoqué une large vague de ventes d'actifs américains.

La devise américaine a enregistré une légère hausse face aux principales devises après le discours de Trump, au cours duquel il a exclu toute action militaire au Groenland, tout en affirmant vouloir engager immédiatement des négociations pour discuter d'un accord visant à acquérir l'île du nord.

L'euro reculait de 0,17% à 1,17$, après avoir gagné plus de 1% lors des deux dernières séances. Il avait atteint 1,1770$ mardi, son niveau le plus élevé depuis le 30 décembre.

Le franc suisse, valeur refuge, cédait 0,47% à 0,7934 pour un dollar, après avoir gagné environ 1,5% entre lundi et mardi.

« Nous ne sommes clairement pas au terme de cette saga, mais tout recours à la force provoquerait une fracture irréparable entre les États-Unis et l'Europe », a déclaré Adam Button, analyste principal devises chez investingLive.

« Il ne semble pas que [Trump] soit à Davos pour lancer de véritables ultimatums. »

Le président français Emmanuel Macron a poussé l'Union européenne à envisager une première utilisation de son Instrument anti-coercition, surnommé officieusement la « bazooka commerciale », qui pourrait limiter l'accès des États-Unis aux marchés publics ou restreindre le commerce dans des services tels que les plateformes technologiques. Macron a estimé mardi qu'il était « fou » d'en être arrivé là.

L'annonce, mardi, du fonds de pension danois AkademikerPension prévoyant de vendre d'ici la fin du mois la totalité de ses quelque 100 millions de dollars d'obligations du Trésor américain a renforcé les spéculations sur de nouvelles ventes d'investisseurs étrangers.

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a déclaré mercredi qu'il travaillait « en coulisses » pour apaiser les tensions entre les États-Unis et leurs alliés européens.

La couronne suédoise a atteint un nouveau sommet de 4 ans face au dollar, à 10,099, les investisseurs privilégiant les pays faiblement endettés.

YEN SOUS PRESSION, LA ZONE D'INTERVENTION SURVEILLÉE

Le dollar est resté stable face à la devise japonaise, elle-même soumise à une vague de ventes après que la Première ministre Sanae Takaichi a annoncé lundi des élections anticipées pour le 8 février et promis des mesures d'assouplissement budgétaire.

Le yen cédait légèrement face au dollar, à 158,255. Les investisseurs suivaient de près les obligations d'État japonaises (JGB), qui ont fortement chuté en début de semaine avant de rebondir mercredi.

« L'absence d'acheteurs stratégiques sur ce segment a rendu les mouvements de prix plus sensibles et amplifié la volatilité. Je m'attends à ce que ce contexte de forte volatilité se poursuive jusqu'en 2026 », estime Vincent Chung, co-gérant de portefeuille chez T. Rowe Price.

« Une nouvelle vague de ventes sur les JGB pourrait pousser le dollar/yen vers la zone d'intervention, autour de 159/160 », juge Chris Turner, responsable mondial des marchés chez ING.

« Cependant, si la chute du yen est une blessure auto-infligée par la politique du gouvernement japonais, l'efficacité d'une intervention deviendra de plus en plus discutable. »