Le dollar a chuté mercredi à son plus bas niveau en un mois face à un panier de devises majeures, après que les États-Unis et l'Iran ont conclu un cessez-le-feu de deux semaines, injectant une dose d'optimisme sur les actifs risqués à l'échelle mondiale.

Toutefois, la trêve semblait fragile et le billet vert a rebondi sur ses points bas de la journée alors que l'Iran frappait des installations pétrolières de ses voisins du Golfe, tandis qu'Israël lançait ses attaques les plus importantes à ce jour contre le Liban.

Les mouvements de change de mercredi ont coïncidé avec un rallye spectaculaire des actions et des obligations d'État, l'appétit pour le risque des investisseurs s'étant réveillé après l'annonce du cessez-le-feu, intervenue moins de deux heures avant l'expiration de l'ultimatum du président Donald Trump exigeant que Téhéran rouvre le détroit d'Ormuz. [MKTS/GLOB]

L'euro a progressé de 0,54% à 1,1696 dollar, après avoir touché plus tôt son plus haut niveau depuis début mars, tandis que la livre sterling a gagné 0,78% à 1,3395 dollar. Le dollar a cédé 0,6% face au yen, à 158,675.

Le dollar a été le principal bénéficiaire de la guerre avec l'Iran parmi les devises, en partie parce que les États-Unis sont un exportateur net d'énergie et sont donc moins exposés au choc économique que pourraient subir les importateurs de pétrole comme le Japon et de nombreux pays européens.

Les cinq semaines de conflit ont ébranlé la confiance des investisseurs en provoquant la plus importante perturbation jamais enregistrée de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz. Cette détente précaire laisse à l'Iran un contrôle plus important sur le trafic maritime dans ce détroit crucial qu'avant la guerre, ont souligné les analystes, après que Trump a renoncé à ses menaces d'attaquer les infrastructures civiles iraniennes.

Déjà, le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a déclaré mercredi que trois clauses clés de sa proposition en 10 points avaient été violées avant les négociations prévues vendredi au Pakistan, ajoutant que dans une telle situation, un cessez-le-feu bilatéral ou des négociations n'auraient aucun sens.

"Oui, les prix du pétrole ont reflué. Oui, le dollar a rendu une partie de ses gains. Mais je serais prudent avant de suivre ce mouvement à ce stade", a déclaré Jeremy Stretch, responsable de la stratégie de change G10 chez CIBC Capital Markets.

"De toute évidence, les opérateurs hésitent à s'engager massivement dans ce rallye de soulagement car il y a tellement de réserves, d'incertitudes et d'obstacles potentiels à franchir d'ici une éventuelle résolution", a-t-il ajouté.

Trump avait suscité une condamnation internationale après avoir lancé un avertissement extraordinaire selon lequel "une civilisation entière mourra" si ses exigences n'étaient pas satisfaites d'ici mardi soir. Il est revenu sur sa menace peu avant le début prévu des frappes.

Trump a précisé que l'accord était subordonné à l'acceptation par l'Iran de suspendre son blocus des approvisionnements énergétiques par le détroit, point de passage d'environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de gaz. Un haut responsable iranien impliqué dans les discussions a déclaré à Reuters que Téhéran pourrait ouvrir le détroit jeudi ou vendredi avant les pourparlers.

L'indice dollar, qui mesure la performance du billet vert face à un panier de six devises, progressait finalement de 0,16% à 99,077. Le dollar reste au-dessus de son niveau d'avant-guerre, ce qui montre que le sentiment des investisseurs ne s'est pas totalement rétabli.

"Ces mouvements peuvent être tout à fait temporaires, mais au moins en ce moment, il est logique de contrer la résurgence du dollar observée en mars en se fondant sur l'optimisme et sur cette évolution", a déclaré Juan Perez, directeur principal du trading chez Monex USA.

L'un des effets majeurs de la flambée des prix de l'énergie a été un changement rapide des attentes des investisseurs concernant une hausse des taux d'intérêt cette année pour contenir toute accélération de l'inflation. Avec la chute brutale du pétrole mercredi, les traders intégraient à nouveau une probabilité de 50% d'une baisse des taux de la Réserve fédérale d'ici la fin de l'année, alors qu'ils n'envisageaient précédemment aucun mouvement de ce type.

Le dollar néo-zélandais a bondi de 1,5% à 0,5817 dollar, accentuant ses gains après que la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande a maintenu son taux directeur à 2,25% mercredi pour une deuxième réunion consécutive, tout en signalant qu'elle était prête à agir si les pressions inflationnistes s'intensifiaient.

Le Bitcoin progressait de 2,95% à 71 342 dollars.