L'inflation américaine a progressé à son rythme le plus soutenu depuis trois ans en mai, le conflit avec l'Iran ayant renchéri le prix de l'essence et d'autres produits énergétiques.
L'indice des prix à la consommation (CPI) a progressé de 4,2% sur les 12 mois se terminant en mai, soit la plus forte hausse depuis avril 2023, a annoncé mercredi le Bureau des statistiques du travail du Département du Travail. Les économistes interrogés par Reuters tablaient précisément sur une progression de 4,2% en glissement annuel.
'L'inflation sous-jacente a évité l'accélération tant redoutée le mois dernier, ce qui suggère que la flambée des prix de l'énergie ne se répercute pas encore sur les mesures de base ciblées par la Réserve fédérale', a déclaré Karl Schamotta, stratège de marché en chef chez Corpay à Toronto.
L'indice dollar, qui mesure la devise américaine face à un panier de six monnaies de référence, reculait de 0,1% à 99,875, restant proche de son sommet de deux mois de 100,214 atteint lundi.
'Les traders se positionnent pour un communiqué plus neutre de la part des responsables lors de la réunion du FOMC la semaine prochaine, et réduisent légèrement leurs attentes d'une hausse des taux d'ici la fin de l'année', a ajouté M. Schamotta.
Les intervenants sur les taux d'intérêt américains à court terme se sont quelque peu détournés des paris sur un resserrement monétaire dès septembre, tout en conservant la conviction qu'un tour de vis interviendra d'ici octobre.
La Fed devrait maintenir son principal taux directeur inchangé pour le reste de l'année 2026, selon une large majorité d'économistes consultés par Reuters.
'Après trois mois de coûts énergétiques élevés, aucune répercussion significative sur les biens de base ne s'est matérialisée', a noté Jason Pride, directeur de la stratégie d'investissement et de la recherche chez Glenmede. 'C'est l'enseignement le plus clair du rapport d'aujourd'hui : le choc iranien, aussi important soit-il à la pompe, ne s'est pas métastasé en un épisode inflationniste généralisé.'
Néanmoins, le contexte de guerre maintient les investisseurs sur le qui-vive.
Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que les États-Unis frapperaient l'Iran 'très durement' si aucun accord de paix n'était conclu. Il a également annoncé que l'armée américaine avait secrètement escorté des navires transportant plus de 100 millions de barils de pétrole hors du détroit d'Ormuz, ce qui a permis de modérer les cours mondiaux du brut.
LE YEN RESTE SOUS SURVEILLANCE
Par ailleurs, une hausse des taux de la Banque du Japon lors de sa réunion du 16 juin est désormais presque intégralement intégrée par les cours, ce qui signifie qu'elle ne suffira probablement pas à elle seule à inverser la faiblesse du yen.
'Il faudra un discours offensif du gouverneur Kazuo Ueda signalant que la BOJ pourrait avancer sa prochaine hausse de décembre à septembre, avec l'éventualité d'un troisième relèvement avant la fin de l'année', a estimé Tony Sycamore, analyste de marché chez IG. 'Sans cela, le ministère des Finances devra probablement sortir à nouveau son carnet de chèques pour défendre la monnaie.'
Le yen japonais est resté stable face au billet vert à 160,475 pour un dollar, gravitant toujours autour du seuil des 160, largement perçu comme la ligne rouge déclenchant une intervention officielle.
Un sondage Reuters auprès des économistes indique que la BOJ relèvera son taux directeur ce mois-ci, puis à nouveau au quatrième trimestre, pour porter les coûts d'emprunt à 1,25% d'ici la fin de l'année, l'institution se montrant plus préoccupée par les risques inflationnistes que par les menaces pesant sur la croissance.
EFFRITEMENT DU DOLLAR
Le dollar canadien a progressé de 0,1% face à son homologue américain après que la Banque du Canada a laissé son taux directeur inchangé mercredi. Le gouverneur Tiff Macklem a toutefois réitéré que la banque centrale n'hésiterait pas à relever les taux si nécessaire pour contenir l'inflation.
La livre sterling a gagné 0,1% face au dollar mercredi, les investisseurs surveillant de près l'escalade des tensions entre les États-Unis et l'Iran avant la publication des chiffres du PIB britannique vendredi.
Le bitcoin, première cryptomonnaie mondiale, est resté quasi stable sur la journée à 61 949 dollars.


















