La décision de la conseillère parlementaire du Sénat, Elizabeth MacDonough, porte un coup dur à Donald Trump et à son administration, qui sollicitaient ces fonds pour des impératifs de sécurité liés à l'édifice.
Donald Trump a affirmé que la construction de la salle de bal serait financée par 400 millions de dollars de dons privés. Toutefois, les républicains du Sénat réclament un milliard de dollars de fonds publics pour le Secret Service, afin de moderniser la sécurité de la salle et des autres structures en cours de construction en sous-sol.
DIVERSION FRIVOLE OU MODERNISATION NÉCESSAIRE ?
Les démocrates ont fustigé ce projet, y voyant une diversion coûteuse et futile de la part du président, alors que les Américains font face à une hausse du coût de la vie, notamment des prix du carburant. Donald Trump, promoteur immobilier devenu homme politique, a déclaré sur les réseaux sociaux qu'il s'agirait du 'plus bel édifice de ce type au monde'.
Mme MacDonough a statué que la disposition relative au financement de la sécurité tombait sous le coup des règles de la chambre exigeant une majorité de 60 voix pour l'adoption de la plupart des textes législatifs, selon le bureau du sénateur Jeff Merkley, principal démocrate au sein de la commission du budget du Sénat.
Les républicains détiennent une majorité de 53 sièges contre 47 au Sénat.
La conseillère parlementaire interprète les règles du Sénat, déterminant notamment si les dispositions législatives sont recevables. Les sénateurs républicains pourraient encore réviser le texte pour tenter d'obtenir son aval.
Ryan Wrasse, porte-parole du chef de la majorité au Sénat John Thune, a indiqué sur les réseaux sociaux que les républicains persévéreraient. 'Réécrire. Affiner. Soumettre à nouveau', a écrit M. Wrasse sur X.
En cas d'échec, les républicains pourraient se voir dans l'incapacité d'inclure le financement de la salle de bal dans un programme de dépenses de 72 milliards de dollars qu'ils prévoient de soumettre au vote du Sénat. L'adoption est attendue selon une ligne strictement partisane, avec l'opposition des démocrates. L'essentiel de la législation est consacré à l'application des lois sur l'immigration.
Les républicains ont invoqué des règles budgétaires complexes pour tenter de faire voter le texte sans aucun soutien démocrate.
'Bien que nous nous attendions à ce que les républicains modifient ce projet de loi pour satisfaire Trump, les démocrates sont prêts à contester tout changement', a déclaré M. Merkley dans un communiqué.
Les démocrates s'opposent au financement de la politique migratoire musclée de Donald Trump en l'absence des réformes qu'ils réclament depuis que des agents fédéraux de l'immigration ont tué des citoyens américains lors d'incidents distincts dans le Minnesota en janvier.
Les républicains soutiennent que le financement fédéral pour la sécurité de la salle de bal est indispensable pour garantir la protection du président, citant un incident survenu en avril au cours duquel un tireur présumé aurait pris d'assaut un gala de presse à Washington auquel assistait Donald Trump.
L'administration a affirmé que la salle de bal permettrait de moderniser les infrastructures, de renforcer la sécurité et de soulager la Maison Blanche, qui a souvent recours à des structures extérieures temporaires pour les grands événements. Donald Trump a précisé que les travaux s'achèveraient vers septembre 2028, soit vers la fin de son second mandat.
Les démocrates, qui espèrent reprendre le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat en novembre, profitent du soutien républicain à ce projet pour dépeindre le parti de Trump comme déconnecté des préoccupations des Américains face à la vie chère, dans un contexte de flambée des prix de l'énergie causée par la guerre en Iran lancée par lui et Israël en février.
L'année dernière, Donald Trump a ordonné la démolition de l'aile est de la Maison Blanche - construite en 1902 sous la présidence de Theodore Roosevelt et agrandie quatre décennies plus tard sous celle de Franklin Roosevelt - afin de faire place à sa salle de bal.
Le National Trust for Historic Preservation, une organisation à but non lucratif, a déposé un recours contre le projet, arguant que ni le président ni le National Park Service, qui gère le domaine de la Maison Blanche, n'avaient l'autorité de démolir cette structure historique ou d'ériger une nouvelle installation d'envergure sans l'approbation explicite du Congrès.
Une cour d'appel américaine a autorisé la poursuite des travaux en avril, après qu'un juge en charge du dossier du National Trust eut rendu une ordonnance suspendant le projet.
























