Les actionnaires du constructeur automobile doivent se prononcer le 6 novembre sur ce qui serait le plan de rémunération le plus élevé jamais accordé à un dirigeant. Malgré les critiques sur son ampleur, la proposition a peu de chances d’être rejetée.

Le conseil d’administration de Tesla soutient en effet pleinement le plan. Sa présidente, Robyn Denholm, a averti qu’un refus pourrait pousser Elon Musk à quitter l’entreprise, dont la capitalisation boursière de plus de 1 500 milliards de dollars repose en partie sur la personnalité du dirigeant et ses promesses d'innovation. Les opposants, eux, redoutent une concentration excessive de pouvoir entre les mains du dirigeant.

Un large soutien attendu malgré les critiques

Malgré les réticences, le plan a peu de chances d'être retoqué. Depuis son déménagement au Texas, Tesla bénéficie d’une législation qui permet à Musk de voter l’intégralité de ses parts, soit environ 13,5% des droits de vote. En face de lui, il n'y a pas de noyau dur d'actionnaires mécontents.

NBIM, le gestionnaire du fonds norvégien, est pour l’instant le principal actionnaire à avoir annoncé son opposition. Il ne détient que 1,12% du capital, même si cette part est valorisée 17 milliards de dollars actuellement (soit 0,9% des avoirs totaux du fonds, dont le montant est calculé en temps réel). A l’inverse, Baron Capital, autre investisseur majeur, a confirmé son soutien. Les trois principaux fonds institutionnels (BlackRock, Vanguard et State Street) ne se sont pas encore prononcés.

Les cabinets de conseil ISS et Glass Lewis recommandent eux aussi de rejeter le plan. Ils jugent le montant excessif, pointent le risque de paiements massifs même sans atteinte complète des objectifs, et s’inquiètent d’une dilution des autres actionnaires. En 2018 déjà, ils s’étaient opposés à un plan de 56 milliards de dollars, finalement validé avec un large appui, notamment des petits porteurs.

8 500 milliards de capitalisation à atteindre

Le nouveau plan pourrait offrir à Musk des actions d’une valeur potentielle de 1 000 milliards de dollars sur dix ans. En tenant compte du prix d'exercice, la valeur nette représente environ 878 milliards de dollars. Tesla défend ce système en expliquant que son patron ne toucherait "rien" sans forte progression de la valeur du groupe. La rémunération maximale ne serait versée qu’en cas d’atteinte d’objectifs ambitieux, dont une capitalisation de 8 500 milliards de dollars.

"Nous reconnaissons la valeur créée sous la direction de M. Musk, mais nous sommes préoccupés par l’ampleur de la récompense, les effets de dilution et l’absence de garde-fous face à une dépendance excessive envers un seul individu", explique NBIM sur son site.

NBIM prévoit également de voter contre deux des trois administrateurs soumis à réélection, Kathleen Wilson-Thompson et Ira Ehrenpreis, tout en soutenant Joe Gebbia, membre du conseil depuis 2022.