Zurich (awp) - Le gel des réserves foncières en Suisse empêche la construction de nouvelles habitations, alors que la pénurie de logements et l'envolée des loyers pèsent lourdement sur la population helvétique. Libérer ces terrains se traduirait par la construction de logements pour 950'000 à 1,5 million de personnes, selon les calculs de la banque Raiffeisen.
Moins d'un tiers des logements sortis de terre sont construits sur de nouvelles surfaces foncières, a indiqué l'établissement coopératif jeudi dans une étude immobilière. Selon ses estimations, entre 9% et 16,7% des zones constructibles sont encore vierges de toute habitation.
"La pénurie artificielle de terrains à bâtir continue de faire grimper les prix fonciers et constitue un facteur essentiel de la hausse des prix immobiliers", a estimé Fredy Hasenmaile. Pour l'économiste en chef de la banque, "même dix ans après la réforme de l'aménagement du territoire, les mesures visant à mobiliser les terrains à bâtir n'ont guère d'effet".
Mettre à disposition ces surfaces foncières permettrait au contraire la construction d'appartements plus abordables et éviterait la destruction de logements existants et moins onéreux, a-t-il poursuivi.
L'accélération des loyers a néanmoins ralenti l'année dernière. En 2025, les prix des logements proposés ont augmenté en moyenne de 2,3%, après une accélération de 3,2% en 2024 et de 4,7% en 2023, selon le portail immobilier Homegate.ch et la Banque cantonale de Zurich.
Ce ralentissement est le résultat d'un repli de l'immigration et une demande intérieure plus faible, les locataires préférant rester dans des logements aux prix plus abordables. En 2026, les loyers devraient néanmoins encore progresser de 1,5%, selon le responsable immobilier de SMG Swiss Marketplace Group, Martin Waeber.
Economiser pendant 28 ans
Quant à la propriété immobilière, les prix ont encore accéléré en 2025, rendant l'acquisition d'un logement encore plus difficile, a constaté Raiffeisen. Le coût des appartements s'est renchéri en moyenne de 36'000 francs suisses l'année dernière et ceux des maisons de 55'000 francs suisses.
Pour acquérir un appartement, un foyer doit ainsi effectuer un apport en fonds propres de 190'000 francs suisses et disposer d'un revenu annuel de 165'000 francs suisses. Pour acheter une maison, il doit verser en moyenne 265'000 francs suisses et déclarer un revenu de 226'000 francs suisses.
"En 2010, un jeune foyer aurait dû épargner dix ans afin d'acquérir une maison. Aujourd'hui, il lui faut 28 ans", a relevé M. Hasenmaile.
al/vj


















