Le gouvernement japonais envisage d'introduire de nouvelles mesures fiscales pour stimuler l'investissement des entreprises, rapporte jeudi le quotidien économique Nikkei. Cette initiative intervient alors que les marchés financiers s'inquiètent de la hausse continue de la dette du pays.
Selon le Nikkei, les mesures à l'étude incluent soit un crédit d'impôt allant jusqu'à 7 % des dépenses d'investissement, soit la possibilité pour les entreprises de commencer immédiatement à comptabiliser l'amortissement des actifs acquis. Le journal ne cite toutefois pas ses sources.
Le ministère de l'Industrie du Japon a refusé de commenter ces informations.
La nouvelle Première ministre, Sanae Takaichi, estime qu'une politique budgétaire expansionniste est nécessaire pour soutenir la croissance économique. Plus tard dans la journée, la chambre basse du Parlement doit adopter un budget supplémentaire de 18,3 billions de yens (117 milliards de dollars) pour l'exercice en cours, destiné à financer un vaste plan de relance. La majeure partie de ce budget sera couverte par de nouveaux emprunts.
Cependant, avec une dette publique représentant plus du double du PIB, le Japon est largement considéré comme devant assainir ses finances publiques fragilisées. Cette nécessité devient plus pressante alors que la Banque du Japon réduit progressivement sa politique monétaire ultra-accommodante, en vigueur depuis une décennie, qui avait maintenu les coûts d'emprunt à un niveau proche de zéro.
Les inquiétudes relatives au poids de la dette ont récemment porté les rendements des obligations d'État à leur plus haut niveau depuis 18 ans.
D'après le Nikkei, les nouvelles mesures fiscales devraient figurer dans un projet de réforme fiscale attendu plus tard ce mois-ci. Le ministère de l'Industrie estime que ces mesures entraîneraient une baisse d'environ 400 milliards de yens (2,6 milliards de dollars) des recettes fiscales annuelles.
Pour être éligibles à ces incitations, les investissements devront dépasser 3,5 milliards de yens pour les grandes entreprises et 500 millions de yens pour les PME, avec un retour sur investissement prévu supérieur à 15 %, précise le Nikkei.
Le gouvernement s'est fixé pour objectif de doubler les investissements annuels, pour les porter à 200 billions de yens d'ici 2040. Après des décennies de déflation, les investissements annuels dans la quatrième économie mondiale ont dépassé 100 billions de yens au cours du dernier exercice, une première en 32 ans.
Les nouvelles incitations relèveraient du régime dit des mesures fiscales spéciales. Tout en menant une politique de reflation, l'administration Takaichi a également annoncé son intention de réduire les dépenses inutiles et a mis en place un groupe de travail inspiré de l'ex-Department of Government Efficiency (DOGE) américain, aujourd'hui dissous, pour examiner ces mesures fiscales spéciales.
Le Nikkei avait déjà rapporté que le gouvernement prévoyait de réduire les incitations fiscales sur les dépenses de recherche et développement, tout en renforçant celles destinées aux entreprises des secteurs de l'intelligence artificielle et des technologies quantiques.
(1 dollar = 155,8400 yens)

















