Le IBEX 35 a atteint un nouveau record historique en séance mardi matin, frôlant les 16 054 points, porté par une conjoncture économique solide et affichant depuis le début de l'année une performance supérieure à celle des autres places européennes.

L'indice sélectif espagnol a ainsi dépassé son précédent sommet de 16 040 points, enregistré le 9 novembre 2007 — peu avant la crise financière mondiale et l'éclatement de la bulle immobilière en Espagne — après avoir signé lundi sa première clôture au-dessus des 16 000 points.

Lors de la séance de mardi, l'indice évoluait dans un contexte de prudent optimisme quant à un accord commercial entre les États-Unis et la Chine, et de perspectives de nouvelles baisses de la Fed. Il s'affiche en hausse de 38 % depuis le début de l'année, contre 14 % pour le STOXX 600.

Il s'agit de l'un des derniers indices européens à se remettre du choc de la grande crise financière et de l'effondrement immobilier qui a frappé le secteur bancaire espagnol.

À titre de comparaison, le DAX allemand et le FTSE 100 britannique ont retrouvé leurs niveaux pré-crise dès 2013, alors que le CAC 40 français l'a fait en 2019.

BANQUES, BANQUES, BANQUES

Le IBEX 35, dont plus d'un tiers de la pondération provient du secteur bancaire, a profité de la hausse spectaculaire des valeurs financières espagnoles cette année, plus forte encore que la progression déjà remarquable du secteur bancaire européen.

Les actions de Santander, première banque de la zone euro en capitalisation boursière, ont grimpé d'environ 90 % cette année, alors que ses concurrentes de l'indice ont progressé entre 67 % et 82 %.

Ce dynamisme s'explique par un environnement macroéconomique solide dans le pays et par des bilans améliorés depuis le sauvetage du système bancaire espagnol en 2012 par les gouvernements européens.

De plus, les banques espagnoles disposent d'un potentiel supplémentaire par rapport à leurs homologues européennes, note Christophe Hautin, gérant actions chez Allianz Global Investors.

« Non seulement elles bénéficient d'un marché intérieur fort et dynamique, mais elles profitent également d'un potentiel de croissance supplémentaire en provenance d'Amérique latine. »

En Italie, l'indice des grandes valeurs flirte avec les 42 900 points, restant toutefois sous son record historique de 44 364 atteint en mai 2007.

ESPOIRS COMMERCIAUX

Cette semaine, l'espoir d'un accord entre les deux premières puissances économiques, à l'occasion de la tournée asiatique du président américain Donald Trump, demeure le principal facteur de marché.

L'attention se porte sur la rencontre de jeudi avec son homologue Xi Jinping en Corée du Sud, même si Pékin adopte jusqu'à présent une position plus prudente que Donald Trump, ce qui pourrait engendrer de la volatilité.

Sur le plan monétaire, le marché anticipe une nouvelle baisse de 25 points de base de la Réserve fédérale (Fed) ce mercredi. L'attention sera portée sur le discours de son président, Jerome Powell, et sur toute indication concernant de futurs abaissements, notamment en décembre.

En Europe, la Banque centrale europeenne devrait maintenir le statu quo monétaire lors de sa réunion de jeudi.

La saison des résultats d'entreprises constitue un autre point d'attention. Iberdrola a annoncé mardi une baisse de 3 % de son bénéfice net sur neuf mois, ce qui ne l'a pas empêché de gagner 2 % en Bourse. Dans le courant de la semaine, d'autres poids lourds comme Santander, Naturgy, BBVA, Repsol, Indra et Caixabank publieront également leurs résultats.

Aux États-Unis, les géants technologiques Alphabet, Meta, Microsoft, Amazon et Apple publieront également leurs comptes.

À 8h38 GMT mardi, l'IBEX 35 progressait de 45,60 points, soit 0,28 %, à 16 045,80 points, tandis que l'indice européen FTSE Eurofirst 300 reculait de 0,30 %.

Dans le secteur bancaire, Santander gagnait 0,46 %, BBVA perdait 0,23 %, Caixabank progressait de 0,20 %, Sabadell avançait de 0,22 %, Bankinter prenait 0,55 % et Unicaja Banco montait de 0,60 %.

Parmi les grandes valeurs non financières, Téléfonica gagnait 0,07 %, Inditex baissait de 0,76 %, Cellnex reculait de 0,14 % et le pétrolier Repsol perdait 1,02 %.

(Informations de Javi West Larrañaga et Tomás Cobos; édité par Benjamín Mejías Valencia)