Le IBEX 35 a ouvert en baisse lundi, marqué par des prises de bénéfices après cinq mois consécutifs de progression et une hausse de 3,5 % la semaine dernière, alors que le marché reste dans l'attente de nouvelles concernant l'économie et les taux d'intérêt aux États-Unis.

La séance a débuté sous le signe d'une certaine aversion au risque, bien que ce mouvement s'explique principalement par une correction technique. Après la forte envolée des actions en novembre -- période durant laquelle le marché a mis de côté les craintes liées à une bulle de l'intelligence artificielle -- les opérateurs cherchent désormais de nouveaux catalyseurs pour prolonger cet élan, l'attention se portant cette semaine sur les indicateurs macroéconomiques.

L'optimisme quant à une baisse des taux aux États-Unis demeure le principal moteur, à l'aube d'un mois clé pour les attentes monétaires : il pourrait voir la Réserve fédérale (Fed) procéder à sa dernière réduction de taux de l'année et la confirmation d'un successeur à l'orientation accommodante pour le président Jerome Powell.

Selon l'outil de contrats à terme monétaires IRPR de LSEG, le marché anticipe désormais à 92 % la probabilité d'une baisse de 25 points de base lors de la réunion de la semaine prochaine.

La forte révision des anticipations de détente monétaire par la Fed, combinée à des informations plaçant l'actuel conseiller économique de la Maison-Blanche, Kevin Hassett, favori pour prendre la tête de l'institution, continuait de soutenir les marchés.

Du côté des indicateurs économiques, l'indice PCE (déflateur des dépenses de consommation), indicateur d'inflation privilégié par la Fed, sera publié vendredi. Par ailleurs, le rapport sur l'emploi de novembre aux États-Unis sera diffusé le 16 décembre, après la réunion de politique monétaire du mois, et comprendra les chiffres d'octobre. Aucun taux de chômage ne sera communiqué pour ce mois, le plus long « shutdown » de l'administration américaine ayant empêché la collecte de l'enquête auprès des ménages.

En toile de fond, le marché suit également de près les attentes d'un accord de paix entre la Russie et l'Ukraine. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a évoqué des avancées après des discussions en Floride avec l'Ukraine, même s'il reste encore des efforts à fournir pour aboutir à un accord.

Par ailleurs, les indices PMI manufacturiers de novembre sont publiés de part et d'autre de l'Atlantique : un sondage Reuters anticipe un maintien de l'indice au niveau d'octobre dans la zone euro, et une hausse aux États-Unis.

La journée est également marquée par le retour à la normale à Wall Street, qui avait fermé jeudi pour Thanksgiving et n'a fonctionné qu'une demi-séance vendredi.

« Nous abordons quelques jours tièdes, avec un marché prudent et attentiste, jusqu'à ce que la Fed passe le 10 et (les résultats du groupe technologique américain) Broadcom le 11 ; à partir de là, le ton devrait s'améliorer car une attitude générale de repositionnement pour 2026 devrait s'imposer », ont déclaré des analystes de Bankinter sur leur canal Telegram.

À 08h15 GMT lundi, l'indice phare espagnol IBEX 35 perdait 12,30 points, soit 0,08 %, à 16 359,30 points, tandis que l'indice paneuropéen FTSE Eurofirst 300 reculait de 0,28 %.

Dans le secteur bancaire, Santander cédait 0,02 %, BBVA gagnait 0,40 %, Caixabank reculait de 0,12 %, Sabadell progressait de 0,38 % et Bankinter s'appréciait de 0,11 %.

Parmi les grandes valeurs hors secteur financier, Telefónica perdait 0,16 %, Inditex baissait de 0,21 %, Iberdrola progressait de 0,03 %, Cellnex cédait 0,81 % et le pétrolier Repsol avançait de 1,03 %.

(Informations de Tomás Cobos ; édité par Benjamín Mejías Valencia)