Le IBEX 35 reculait lundi, s'éloignant de son récent record, entraîné par la montée du risque géopolitique après les menaces de Donald Trump d'imposer des droits de douane à plusieurs pays européens si les États-Unis ne parviennent pas à acquérir le Groenland, et dans l'attente d'une réponse coordonnée de l'Union européenne.

Les dirigeants européens débattront jeudi, lors d'un sommet extraordinaire à Bruxelles, d'un ensemble d'options. Parmi celles-ci, un paquet de droits de douane sur 93 milliards d'euros d'importations américaines qui pourrait être activé automatiquement le 6 février après une suspension de six mois.

Ce recul boursier intervient après dix séances de stagnation près des plus hauts — vendredi, l'indice sélectif espagnol avait atteint un record à 17 711 points — dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et les inquiétudes quant à l'indépendance de la Réserve fédérale américaine face aux pressions de Trump.

En parallèle, l'incertitude persiste quant à la stabilité en Iran, où le gouvernement a réprimé sévèrement les soulèvements populaires — même si, pour l'instant, la possibilité d'une intervention américaine dans le pays semble écartée — et quant à l'avenir du Venezuela après la capture de son président, Nicolás Maduro, par les États-Unis.

Donald Trump, 47e président des États-Unis, s'est engagé samedi à appliquer à partir du 1er février une série croissante de droits de douane contre le Danemark, la Suède, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande, ainsi que le Royaume-Uni et la Norvège, jusqu'à ce que les États-Unis soient autorisés à acheter le Groenland, une démarche que plusieurs grands États de l'UE ont qualifiée de chantage.

Des analystes de Bankinter ont indiqué sur leur canal Telegram que « la variable géostratégique devient le principal facteur pour le marché. Surtout en sachant que l'imprévisibilité fait partie de la stratégie de Trump, quel que soit le sujet. »

« Le Groenland sera un sujet de long terme, mais la situation s'intensifie à court terme avec l'imposition sélective d'un droit de douane supplémentaire de 10 % aux États européens ayant envoyé des troupes sur l'île... ce qui fait également partie de la stratégie de Trump pour habituer à l'incertitude, afin que l'issue finale ne surprenne pas, même si elle est traumatisante. »

À 08 h 02 GMT lundi, le selectif boursier espagnol IBEX 35 baissait de 187,20 points, soit 1,06 %, à 17 523,70 points, tandis que l'indice des grandes valeurs européennes FTSE Eurofirst 300 reculait de 1,06 %.

Dans le secteur bancaire, Santander perdait 2,37 %, BBVA reculait de 0,86 %, Caixabank cédait 1,82 %, Sabadell baissait de 1,79 %, Bankinter abandonnait 1,40 % et Unicaja Banco perdait 1,98 %.

Parmi les grandes valeurs non financières, Téléfónica reculait de 0,30 %, Inditex cédait 1,29 %, Iberdrola gagnait 0,30 %, Cellnex progressait de 0,19 % et le groupe pétrolier Repsol perdait 0,57 %.

(Informations de Tomás Cobos, édition de Jorge Ollero Castela)