Cette déclaration, publiée sur son compte X, intervient alors que la demande pour le dollar, valeur refuge, a contribué à l'affaiblissement du yen, le maintenant proche du seuil des 160 yens pour un dollar. Ce niveau avait déjà déclenché par le passé des interventions d'achat de yens par les autorités japonaises.
"J'ai expliqué à quel point les marchés du pétrole brut, des actions, des obligations et des devises étaient très volatils. Nous avons également abordé diverses questions relatives aux taux de change, bien que je ne puisse entrer dans les détails", a confié Mme Katayama aux journalistes après sa rencontre avec M. Bessent, organisée en marge de la réunion du Fonds Monétaire International (FMI) à Washington.
Le Japon et les États-Unis ont convenu de se coordonner étroitement sur les parités monétaires tout en s'informant mutuellement de l'évolution des marchés si nécessaire, a précisé aux journalistes le principal diplomate japonais en charge des changes, Atsushi Mimura, présent lors de cet entretien bilatéral.
AUCUNE DISCUSSION SUR LA POLITIQUE DE LA BOJ
Mme Katayama a précisé que la politique monétaire de la Banque du Japon (BOJ) n'avait pas fait l'objet de discussions lors de son entretien avec M. Bessent.
Scott Bessent avait signalé à plusieurs reprises que la faiblesse du yen pourrait être mieux traitée par des hausses de taux plus rapides de la part de la BOJ.
Lors de la dernière rencontre entre Mme Katayama et M. Bessent en janvier, ce dernier avait "souligné la nécessité d'une formulation et d'une communication saines de la politique monétaire", selon un communiqué du Trésor américain publié à l'époque.
Les marchés surveillent si M. Bessent tiendra des propos similaires avant la réunion de politique monétaire de la BOJ ce mois-ci, au cours de laquelle le conseil pourrait débattre d'un relèvement des taux d'intérêt.
Mme Katayama a déclaré mercredi que de nombreux banquiers centraux avec lesquels elle s'est entretenue semblaient privilégier l'attentisme en matière de politique monétaire, compte tenu de l'extrême incertitude entourant l'évolution du conflit au Moyen-Orient et de l'impact potentiel des hausses de taux sur leurs économies respectives.
Mme Katayama n'a pas mentionné la manière dont la BOJ devrait orienter sa politique. Un haut responsable du FMI a déclaré à Reuters que la BOJ pouvait faire abstraction des pressions inflationnistes résultant de la guerre, car les effets de second tour sur l'ensemble des prix resteront limités.
Les décideurs japonais ont multiplié les mises en garde verbales contre les récentes chutes du yen, qui renchérissent les coûts d'importation et accentuent des pressions inflationnistes déjà croissantes.
Un yen faible pourrait également exacerber l'impact de la hausse des prix du pétrole, le Japon étant fortement dépendant des importations d'énergie.
Les "faucons" au sein du conseil de la BOJ ont plaidé pour des hausses de taux régulières à court terme afin de contrer les pressions inflationnistes, imputées en partie à la faiblesse de la monnaie nationale.
Toutefois, le conflit a réduit la probabilité d'une hausse des taux en avril, l'incertitude maintenant la volatilité des marchés et brouillant les perspectives d'une économie japonaise tributaire de ses importations, ont indiqué des sources proches de la banque centrale.

























