Cette initiative témoigne d'un changement de comportement des entreprises japonaises : l'inflation incitant les sociétés à investir des trésoreries longtemps restées oisives. Selon les analystes, cette tendance pourrait s'accélérer alors que le Premier ministre Sanae Takaichi donne la priorité à une croissance tirée par l'investissement.
Contrairement aux marchés étrangers du crédit privé qui subissent de plein fouet d'importantes vagues de rachats, le marché japonais "demeure sous-développé et doit être cultivé", a précisé lors d'un entretien Michinori Haba, directeur général adjoint de l'Agence des services financiers (FSA) en charge des marchés financiers.
M. Haba a souligné que la demande de financement s'est encore renforcée avec la promotion de l'investissement par l'administration Takaichi et l'intensification des fusions-acquisitions, ce qui accélère le débat gouvernemental sur la nécessité de diversifier les apporteurs de capitaux.
"Dans le cadre de la nouvelle stratégie financière du gouvernement, le crédit privé domestique pourrait constituer l'un des piliers centraux", a-t-il déclaré, ajoutant que cette politique repose sur une surveillance étroite de la gouvernance et de l'actualité internationale.
Le gouvernement prévoit d'élaborer une nouvelle stratégie financière d'ici quelques mois, avec pour objectif de refondre l'écosystème financier afin de stimuler la croissance de la quatrième économie mondiale.
Le marché japonais du crédit privé reste embryonnaire, les entreprises s'étant longtemps appuyées sur les prêts bancaires traditionnels facilement accessibles. Toutefois, la demande pour des financements à plus haut risque devrait croître suite à l'augmentation du nombre et de la taille des transactions de M&A.
L'activité de fusion-acquisition impliquant des entreprises japonaises a plus que doublé l'an dernier par rapport à l'année précédente, atteignant un record de 53 000 milliards de yens (351 milliards de dollars), portée par des retraits de la cote se chiffrant en milliards de dollars, selon les données de LSEG.
"Le crédit privé peut servir de source de financement pour les rachat d'entreprises par endettement (LBO)", a indiqué M. Haba, notant que le financement mezzanine - ce capital hybride situé entre la dette senior et les fonds propres - a été particulièrement rare au Japon.
Des signes émergents montrent que les géants financiers japonais s'aventurent sur ce marché domestique naissant.
Sumitomo Mitsui Financial Group, qui détient 6% du gestionnaire d'actifs alternatifs américain Ares Management, est en discussion avec Nippon Life Insurance pour créer un fonds de crédit privé destiné à financer des LBO, selon des sources proches du dossier.
De telles initiatives constituent "une évolution positive", a conclu M. Haba.


















