Le parti du Premier ministre Albin Kurti a remporté les élections législatives au Kosovo dimanche, le troisième scrutin en seulement 18 mois dans ce pays des Balkans, sans toutefois atteindre la majorité nécessaire pour mettre fin à une crise politique prolongée. 

La plus jeune nation d'Europe, qui figure également parmi les plus pauvres, aspire à rejoindre l'Union européenne, mais elle est privée d'un gouvernement pleinement opérationnel depuis une grande partie de l'année écoulée. De profondes divisions au sein du Parlement ont bloqué l'élection d'un président de l'assemblée et d'un nouveau chef d'Etat.

Le parti Vetevendosje de Kurti arrivait en tête avec 43% des voix, selon les résultats officiels portant sur 99,4% des bulletins dépouillés.

La formation devra encore trouver des partenaires de coalition pour former un nouveau gouvernement, et devra composer avec ses rivaux pour obtenir la majorité des deux tiers requise pour l'élection d'un nouveau président.

Le Parti démocratique du Kosovo est crédité de 21% des suffrages, tandis que la Ligue démocratique du Kosovo s'tablit à 18%.

Vetevendosje avait obtenu 51% lors du dernier scrutin en décembre, contre 42% en février 2025, mais n'avait pu s'entendre avec les autres partis sur un candidat pour la présidence, une fonction essentiellement honorifique. Cette impasse a conduit à la dissolution du Parlement en avril et à la tenue de nouvelles élections anticipées.

LES ELECTEURS VEULENT LA FIN DE LA CRISE ET UN MEILLEUR NIVEAU DE VIE

Le taux de participation s'est élevé à moins de 37%, contre 45% en décembre, a indiqué la commission électorale. Les électeurs interrogés dans les bureaux de vote ont fait part de leur lassitude face à la répétition des scrutins et souhaitent la fin de l'immobilisme politique, ainsi qu'une amélioration du niveau de vie corrélée à la croissance économique.

'L'elite politique doit être prête à conclure un accord. Une division très profonde s'est installée ces dernières années, et cela doit cesser', a déclaré Fatos Selimi, un informaticien, après avoir voté dans la capitale Pristina.

L'UE a exhorté les responsables politiques du Kosovo, qui a proclamé son indépendance de la Serbie en 2008, à bâtir des institutions solides capables de mener les réformes nécessaires à l'adhésion. 

La succession des scrutins a retardé ces réformes ainsi que le versement des fonds européens.

Le parti de Kurti a accédé au pouvoir pour la première fois en 2021 avec un programme plus nationaliste et axé sur la protection sociale. Comme toutes les grandes formations du pays, il est pro-occidental. Il s'oppose toutefois à de nouvelles concessions envers la Serbie, avec laquelle les relations restent tendues.

La commission électorale du Kosovo a précisé que plus de 900 candidats issus de 17 partis et de trois groupes de coalition briguaient les sièges du Parlement, qui en compte 120. 

Environ 2,1 millions d'électeurs sont inscrits, un chiffre supérieur aux 1,6 million d'habitants résidents, ce qui témoigne de l'importance de la diaspora, principalement basée en Europe occidentale et généralement favorable au parti de Kurti.