Le Mali soutient le plan d'autonomie propose par le Maroc pour le Sahara occidental, a declare vendredi le ministre des Affaires etrangeres Abdoulaye Diop. Bamako devient ainsi le dernier pays africain en date a rallier la vision de Rabat pour mettre fin a un conflit de 50 ans avec le Front Polisario, soutenu par l'Algerie.

La proposition du Maroc instaurerait une autorite legislative, executive et judiciaire locale pour le Sahara occidental, elue par ses residents, tandis que Rabat conserverait la juridiction sur la defense, les affaires etrangeres et les questions religieuses. Le Front Polisario souhaite, pour sa part, la tenue d'un referendum incluant l'option de l'independance.

Le ralliement du Mali fait suite a des initiatives similaires d'autres pays de la region. Le Kenya et le Ghana ont soutenu le plan d'autonomie marocain l'an dernier. Le Burkina Faso figure parmi plus de deux douzaines d'Etats, majoritairement africains, disposant d'un consulat au Sahara occidental, ce qui traduit une reconnaissance pleine et entiere de la souverainete du Maroc sur ce territoire dispute.

Le Sahara occidental, une etendue desertique de la taille de la Grande-Bretagne, fait l'objet du plus long conflit territorial en Afrique depuis le depart de la puissance coloniale espagnole en 1975.

Le Maroc considere ce territoire comme le sien, tandis que le Front Polisario cherche a y etablir un Etat independant nomme Republique arabe sahraouie democratique (RASD).

M. Diop, le chef de la diplomatie malienne, a precise vendredi que le Mali ne reconnaissait plus la RASD.

En novembre, le Conseil de securite de l'ONU a adopte une resolution appelant les parties a reprendre les negociations sur la base du plan d'autonomie marocain.

TENSIONS VIVES ENTRE LE MALI ET L'ALGERIE AUTOUR D'UN LITIGE SUR UN DRONE

La decision du Mali intervient dans un contexte de tensions accrues avec l'Algerie.

Bamako a affirme l'an dernier que l'Algerie avait deliberement abattu un drone malien le long de leur frontiere desertique commune, pres de Tinzaouaten dans la region de Kidal, alleguant que cette action visait a entraver les operations des forces maliennes contre des groupes armes.

Le Mali a qualifie l'incident d'acte hostile et de violation du principe de non-recours a la force.

L'Algerie a declare que ses forces avaient abattu un drone de surveillance arme qui avait viole son espace aerien a proximite de la frontiere.

Par ailleurs, le Mali, aux cotes du Niger et du Burkina Faso, a approuve un projet marocain visant a leur offrir un acces a l'ocean Atlantique via ses ports, bien que les modalites de mise en oeuvre de ce plan demeurent incertaines.