Le marché locatif des appartements aux États-Unis continue de s’affaiblir, affecté par un excès d’offre et une demande en repli, notamment chez les jeunes adultes. En novembre, le loyer médian national a baissé de 1% sur un mois, à 1 367 dollars, marquant un quatrième recul consécutif. Sur un an, la baisse atteint 1,1%, et 5,2% par rapport au pic de 2022. Parallèlement, le taux de vacance des logements multifamiliaux a atteint un niveau record de 7,2%, inchangé entre octobre et novembre, selon Apartment List.

Cette situation s’explique par un afflux massif de nouvelles unités sur le marché, alors même que la demande diminue. Le phénomène saisonnier de baisse des loyers à l’automne est cette année amplifié par un recul structurel de la formation de ménages, particulièrement chez les 18-34 ans. Près d’un tiers de cette population vit toujours avec sa famille, un record selon CoStar. Le coût élevé des loyers et les difficultés d’accès à l’emploi pour les jeunes adultes freinent leur autonomie résidentielle, affectant directement la demande locative.

Les grandes foncières cotées comme AvalonBay, Equity Residential ou Camden Property Trust en pâtissent, affichant des performances boursières négatives. Certaines villes comme Las Vegas, Boston ou Austin subissent des baisses plus marquées en raison de facteurs locaux. Dans ce contexte, les propriétaires multiplient les concessions pour attirer les locataires, qui se tournent vers des marchés plus abordables. Le Midwest émerge ainsi comme un pôle d’attractivité, concentrant désormais 11 des 30 villes les plus recherchées, selon Yardi. Malgré un ralentissement annoncé de la construction, le déséquilibre entre l’offre et la demande devrait persister en 2025, sur fond d’incertitudes économiques et d’un marché du travail fragilisé.