L'indice de confiance de l'Université du Michigan s'est établi en lecture finale à 49,8 ce mois-ci, un plancher historique. Ce chiffre marque toutefois une légère amélioration par rapport aux 47,6 annoncés initialement en début de mois.
Les économistes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur un indice à 48,0, après 53,3 en mars. La détérioration du sentiment s'observe indépendamment des affiliations politiques et touche également les consommateurs exposés aux marchés actions.
La guerre avec l'Iran a perturbé le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, propulsant les cours du pétrole et, par extension, les prix de l'essence et du diesel. Les cours d'autres matières premières, notamment les engrais, la pétrochimie et l'aluminium, dont l'impact se fera bientôt sentir sur la consommation, ont également bondi.
Téhéran a de fait fermé le détroit après le début des hostilités le 28 février. Le président Donald Trump a prolongé cette semaine le cessez-le-feu de manière indéfinie, bien qu'un blocus des ports iraniens par l'U.S. Navy reste en vigueur.
'Le conflit iranien semble influencer l'opinion des consommateurs principalement via les chocs sur les prix de l'essence et potentiellement d'autres produits', a déclaré Joanne Hsu, directrice de l'enquête. 'A l'inverse, les développements militaires et diplomatiques qui ne lèvent pas les contraintes d'approvisionnement ou ne font pas baisser les prix de l'énergie ont peu de chances de soutenir le moral des ménages.'
HAUSSE DES PRIX DES CARBURANTS
Le prix de détail moyen de l'essence au niveau national a oscillé au-dessus de 4 dollars le gallon ce mois-ci, tandis que le diesel se maintient bien au-delà de 5 dollars, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).
Un sondage Reuters/Ipsos publié vendredi montre qu'une nette majorité d'Américains impute à Donald Trump la flambée des prix à la pompe, ce qui pèse sur le Parti républicain à l'approche des élections de mi-mandat en novembre.
Le coût élevé du diesel devrait renchérir le transport routier de marchandises. Les économistes soulignent que si la corrélation entre le moral des ménages et les dépenses reste ténue, ils s'attendent à ce que les foyers, en particulier les plus modestes, réduisent leur consommation.
'Nous prévoyons que l'impact de la hausse des prix de l'essence sur la croissance du revenu disponible réel freinera la consommation', explique Grace Zwemmer, économiste US chez Oxford Economics. 'L'effet sera principalement ressenti par les ménages à revenus faibles et intermédiaires, car une part plus importante de leur budget global est consacrée aux carburants.'
Les anticipations d'inflation à un an ont bondi à 4,7% ce mois-ci, contre 3,8% en mars. Ce niveau dépasse ceux observés en 2024 et reste bien au-dessus de la fourchette de 2,3% à 3,0% qui prévalait durant les deux années précédant la pandémie de COVID-19.
A un horizon de cinq ans, les perspectives d'inflation des consommateurs ont grimpé à 3,5%, contre 3,2% le mois dernier.
Ces tensions inflationnistes font écho à l'enquête S&P Global publiée jeudi, montrant que les prix facturés par les entreprises ont atteint en avril leur plus haut niveau en près de quatre ans. Ces données renforcent la conviction des marchés financiers que la Réserve fédérale ne procédera probablement à aucune baisse de taux cette année.
'La situation va s'aggraver à mesure que les coûts de transport seront répercutés sur l'alimentation, l'électroménager, les jouets et tout autre article transporté par bateau, camion ou avion', prévient Heather Long, économiste en chef chez Navy Federal Credit Union. 'Le moral ne s'améliorera pas tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas rouvert et qu'une fin permanente au conflit ne sera pas actée.'



















