L'IBEX 35 a ouvert en territoire négatif lundi, alors que les espoirs d'une paix rapide au Moyen-Orient s'estompent et que le trafic de marchandises dans le golfe Persique est réduit au minimum après la réimposition par l'Iran d'une fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Le cessez-le-feu dans le conflit iranien, initialement prévu jusqu'à mardi, est désormais compromis suite à l'annonce par les États-Unis de la saisie d'un cargo iranien qui tentait de briser le blocus américain, une manœuvre à laquelle Téhéran a promis de répondre. L'Iran a par ailleurs fait savoir qu'il ne participerait pas au second cycle de négociations que les États-Unis espéraient entamer avant l'expiration du cessez-le-feu cette semaine.

Malgré ce scénario, les données de Kpler ont montré que plus de 20 navires de fret -- transportant des produits pétroliers, des métaux, du gaz et des engrais -- ont traversé la zone samedi, marquant la journée la plus active dans ce goulot d'étranglement depuis le 1er mars.

Les marchés n'ont pas totalement perdu l'espoir d'une résolution du conflit, compte tenu du fardeau économique que représente le blocage du détroit pour les deux parties.

"(Le recul de lundi) est l'évolution logique après les hausses de vendredi et dans l'attente de la reprise des négociations à Islamabad. Mais il est également raisonnable d'espérer une amélioration du ton au fil de la semaine et, au minimum, une prolongation du cessez-le-feu qui s'achève ce mercredi", ont souligné les analystes de Bankinter dans leur note matinale.

"Nous sommes engagés dans un processus de normalisation en Iran qui sera instable et irrégulier, mais il semble raisonnable de supposer que le pire est désormais derrière nous. Dans ce contexte, une macroéconomie constructive et une croissance saine des bénéfices soutiendront les bourses, qui devraient évoluer de manière ascendante durant la semaine", ont-ils ajouté.

Au-delà de la géopolitique, les résultats d'entreprises et les indicateurs macroéconomiques reprennent le devant de la scène. Côté macro, on retiendra l'indice de confiance ZEW en Allemagne et les ventes au détail aux États-Unis (21 avril) ; les enquêtes PMI sur l'activité des entreprises en Europe et aux États-Unis (23 avril) ; ainsi que l'indice Ifo en Allemagne et la confiance de l'Université du Michigan aux États-Unis (24 avril).

Sur le front des entreprises, la semaine sera rythmée par les publications de résultats. Aux États-Unis, l'attention se portera sur Northrop Grumman et General Electric (21 avril) ; Boeing, AT&T Inc. et Tesla (22 avril) ; American Express (23 avril) ; et Procter & Gamble (24 avril). En Europe, les regards seront tournés vers Akzo Nobel (22 avril) ; Bankinter, Orange, SAP et STMicroelectronics (23 avril) ; et Eni (24 avril).

Par ailleurs, l'une des notes les plus prudentes est venue d'Australie, où le principal prêteur aux entreprises, National Australia Bank (NAB), a prévenu d'une provision de 500 millions de dollars face aux prévisions d'une augmentation des créances douteuses due à la guerre. Le titre NAB chutait de 3,6%.

Après avoir progressé de 2,2% vendredi dans l'espoir d'une désescalade au Moyen-Orient, l'indice de référence de la bourse espagnole, l'IBEX 35, perdait 179,90 points à 07h05 GMT lundi, soit un repli de 0,97% à 18 304,60 points, tandis que l'indice des grandes valeurs européennes FTSE Eurofirst 300 reculait de 0,91%.

Dans le secteur bancaire, Santander perdait 1,94%, BBVA reculait de 2,49%, Caixabank cédait 1,43%, Sabadell chutait de 1,25%, Bankinter abandonnait 1,23% et Unicaja Banco perdait 0,97%.

Parmi les grandes valeurs non financières, Telefónica s'adjugeait 0,13%, Inditex cédait 1,20%, Iberdrola se valorisait de 0,76%, Cellnex gagnait 0,31% et la compagnie pétrolière Repsol grimpait de 3,40% dans le sillage du rebond des cours du brut.

(Information de Tomás Cobos ; rédaction de Benjamín Mejías Valencia)