Les principaux indices de Wall Street ont fléchi vendredi, alors que des données sur l'emploi plus solides que prévu ont propulsé les rendements obligataires à la hausse et renforcé les paris sur une politique monétaire restrictive. Parallèlement, le secteur des semi-conducteurs a reflué après son récent rallye.

Les créations d'emplois non agricoles ont progressé de 172'000 en mai, après 115'000 en avril. Cette augmentation s'avère nettement supérieure aux 85'000 anticipés par les économistes interrogés par Reuters.

Les rendements des bons du Trésor américain, qui évoluent à l'inverse des prix, ont bondi. Les opérateurs intègrent désormais avec une quasi-certitude que la Réserve fédérale relèvera ses taux d'intérêt de 25 points de base d'ici la fin de l'année. Avant la publication de ces chiffres, les marchés monétaires n'estimaient cette probabilité de resserrement qu'à 60%.

Ces données interviennent avant la première réunion de politique monétaire du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, prévue plus tard ce mois-ci. Il prend les rênes d'une économie aux prises avec une inflation élevée, en partie exacerbée par le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran.

'Le marché intègre une probabilité de 100% pour une hausse de la Fed plus tard cette année. Cela tire les taux vers le haut et incite certains investisseurs à prendre leurs bénéfices', a déclaré Charlie Ripley, stratège d'investissement senior chez Allianz Investment Management.

'Les actions ont connu un parcours assez exceptionnel.'

Nvidia, la plus grande capitalisation boursière mondiale, a cédé 2.5%, tandis que l'indice Philadelphia Semiconductor a lâché 5% après une envolée fulgurante de 92% depuis le début de l'année.

La progression des valeurs technologiques liées aux puces a été déterminante dans le redressement de Wall Street, permettant aux indices de passer de leurs points bas de mars à des sommets historiques. Un cessez-le-feu temporaire au Moyen-Orient et une solide croissance des résultats ont également soutenu cette avance.

Le compartiment technologique a reculé pour la troisième séance consécutive, perdant 2.7%.

Six des onze principaux secteurs du S&P 500 ont progressé, les biens de consommation de base en tête, les investisseurs ayant opéré une rotation vers d'autres secteurs.

À 11h52, le Dow Jones Industrial Average perdait 281.15 points, soit 0.55%, à 51'280.78 points. Le S&P 500 abandonnait 106.11 points, soit 1.40%, à 7'478.20 points et le Nasdaq Composite reculait de 636.64 points, soit 2.37%, à 26'194.32 points.

Le S&P 500 et le Nasdaq s'orientaient vers leur plus fort repli mensuel depuis mars, tandis que le Dow Jones, pondéré par les prix, était en voie de signer une troisième semaine consécutive de hausse.

Les discussions entre les États-Unis et l'Iran sont restées dans l'impasse à l'approche du week-end, soulignant la complexité d'un accord de paix pour mettre fin au conflit.

Du côté des valeurs, Lululemon Athletica a chuté de 8% après que le fabricant de vêtements de sport a abaissé ses prévisions de bénéfice annuel et projeté des résultats pour le deuxième trimestre bien en deçà des estimations de Wall Street.

Cooper Companies a grimpé de 8.5%, le fabricant de lentilles de contact ayant dépassé les attentes pour ses résultats du deuxième trimestre.

S&P Global a déclaré qu'il ne modifierait pas les critères d'éligibilité de ses principaux indices. Cela exclut de fait une entrée rapide de SpaceX, la société d'Elon Musk, au sein de l'indice de référence S&P 500 après son introduction en bourse, qui s'annonce comme la plus importante au monde.

Par ailleurs, S&P Dow Jones Indices annoncera les résultats de son rééquilibrage après la clôture des marchés. Le fabricant de puces Marvell Technology, dont la valorisation dépasse désormais les 270 milliards de dollars, figure parmi les candidats à l'intégration de l'indice de référence.

Le nombre de valeurs en baisse a dépassé celui des valeurs en hausse selon un ratio de 2.24 contre 1 sur le NYSE et de 2.62 contre 1 sur le Nasdaq.

Le S&P 500 a enregistré 12 nouveaux plus hauts sur 52 semaines et trois nouveaux plus bas, tandis que le Nasdaq Composite a inscrit 49 nouveaux plus hauts et 82 nouveaux plus bas.