Le Nasdaq et l'indice de référence S&P 500 ont clôturé en baisse lundi, sous l'effet de prises de bénéfices sur les valeurs technologiques. La remontée des rendements obligataires et la fermeté des cours du brut alimentent les craintes de voir l'inflation et les coûts d'emprunt se maintenir à des niveaux élevés.

Le rendement du Trésor à 10 ans, référence mondiale pour le loyer de l'argent, a atteint plus tôt dans la journée son plus haut niveau depuis février 2025. Les marchés redoutent que les perturbations du transport pétrolier dans le détroit d'Ormuz ne maintiennent la pression inflationniste et, par extension, les taux d'intérêt.

Le brut américain a terminé en hausse de plus de 3% au terme d'une séance volatile. Les cours ont toutefois réduit leurs gains après la clôture, tandis que les actions américaines limitaient leurs pertes, suite aux déclarations du président Donald Trump. Ce dernier a annoncé avoir suspendu une frappe prévue contre l'Iran pour laisser place aux négociations, après l'envoi par Téhéran d'une nouvelle proposition de paix visant à mettre fin au conflit avec les Etats-Unis et Israël. Il a toutefois précisé que les Etats-Unis étaient prêts à reprendre les hostilités en l'absence d'accord.

'Le prix du pétrole semble être le seul facteur dictant la marche des marchés au quotidien. La variable clé reste le blocus du détroit d'Ormuz, qui tire les cours vers le haut et accroît le risque à long terme d'un déancrage des anticipations d'inflation', a déclaré Burns McKinney, gestionnaire de portefeuille chez NFJ Investment Group à Dallas. Il a ajouté que les rendements élevés pesaient sur les secteurs à longue duration, comme la technologie et les 'valeurs vedettes des semi-conducteurs'.

Selon McKinney, les investisseurs en actions semblent 'plus optimistes et confiants envers le président que les investisseurs obligataires'. Il note : 'On a l'impression qu'un jour sur deux, une rumeur d'accord avec l'Iran fait rebondir les actions. Les investisseurs y croient, puis se font couper l'herbe sous le pied car l'impasse persiste.'

L'indice Dow Jones Industrial Average a progressé de 159,95 points, soit 0,32%, à 49 686,12 points. Le S&P 500 a cédé 5,45 points (0,07%) à 7 403,05 points et le Nasdaq Composite a lâché 134,41 points (0,51%) à 26 090,73 points.

PAUSE DANS LE RALLY

Il s'agit de la deuxième baisse consécutive pour le Nasdaq et le S&P 500, les investisseurs marquant une pause après le rally entamé fin mars. Le S&P avait clôturé la séance de jeudi en hausse de plus de 18% par rapport à son plancher du 30 mars, son plus bas niveau depuis le début de la guerre avec l'Iran fin février. Sur la même période, le Nasdaq a gagné environ 28%, l'enthousiasme pour l'intelligence artificielle et la solidité des résultats technologiques ayant permis d'occulter les menaces inflationnistes.

'L'ampleur du rally sur une période aussi courte suscite des inquiétudes et provoque des prises de bénéfices', explique Tim Ghriskey, stratège de portefeuille senior chez Ingalls & Snyder à New York.

Le secteur des technologies de l'information, poids lourd de la cote, a reculé de 0,97%, accusant la plus forte baisse des 11 grands secteurs du S&P 500, entraîné par les semi-conducteurs. L'indice Philadelphia SE Semiconductor a fini en repli de 3,3%. A l'inverse, l'énergie a signé la meilleure performance sectorielle avec un gain de 1,8%.

Les traders intègrent désormais une probabilité de 36,7% de voir la Réserve fédérale relever ses taux de 25 points de base d'ici la fin de l'année, selon l'outil FedWatch du CME, suite aux chiffres de l'inflation plus élevés que prévu publiés la semaine dernière.

LES RESULTATS DE NVIDIA EN LIGNE DE MIRE

Nvidia, la plus grosse capitalisation mondiale, doit publier ses résultats mercredi. Le fabricant de puces a été le principal contributeur négatif du S&P 500 lundi, avec un recul de 1,3%.

Les attentes sont élevées pour le groupe, dont le titre a fortement progressé depuis son point bas de mars, tandis que l'indice Philadelphia SE Semiconductor s'est envolé cette année grâce à la demande soutenue pour les puces liées à l'IA.

Walmart, premier distributeur mondial, publiera également ses résultats cette semaine. Ils devraient offrir un aperçu plus précis de la résilience des consommateurs américains face à la cherté de l'énergie et à l'inflation globale. Le titre a gagné 1,4% lundi.

L'action Dominion Energy a bondi de 9,4% après l'annonce de son rachat par NextEra Energy dans le cadre d'une transaction en actions valorisée à environ 66,8 milliards de dollars. Le titre NextEra a cédé 4,6%.

Regeneron a chuté de 9,8%, son traitement expérimental n'ayant pas atteint l'objectif principal lors d'un essai clinique de phase avancée chez des patients atteints de mélanome stade avancé.

Sur le NYSE, les valeurs en hausse ont dépassé les valeurs en baisse selon un ratio de 1,09 contre 1, avec 167 nouveaux plus hauts et 152 nouveaux plus bas. Sur le Nasdaq, 2 238 titres ont progressé contre 2 637 en baisse (ratio de 1,18 contre 1). Le S&P 500 a enregistré 21 nouveaux plus hauts sur 52 semaines et 13 nouveaux plus bas.

Le volume d'échange sur les marchés américains a atteint 20,86 milliards de titres, contre une moyenne de 18,36 milliards sur les 20 dernières séances.