Le S&P 500 et le Dow Jones ont enregistré des clôtures inédites jeudi, portés par l'engouement des investisseurs pour les valeurs financières après une communication de la Réserve fédérale américaine jugée moins agressive qu'attendu. En revanche, le Nasdaq, à forte composante technologique, a sous-performé, lesté par la mise à jour financière d'Oracle qui a semé le doute sur les paris liés à l'intelligence artificielle.

L'action Oracle a plongé après que les prévisions trimestrielles du groupe se sont révélées inférieures aux attentes des analystes. L'entreprise a également averti que ses dépenses annuelles seraient supérieures de 15 milliards de dollars à ce qui était initialement prévu, ravivant les craintes que sa stratégie d'investissement massif dans le cloud et l'IA ne pèse lourdement sur sa trésorerie.

Le coût de l'assurance contre un défaut de paiement sur la dette d'Oracle a bondi, les investisseurs redoutant que la forte dépendance du groupe au financement par l'endettement n'alimente une bulle de l'IA comparable à l'explosion de la bulle internet au début des années 2000.

Si cette actualité a entraîné d'autres valeurs technologiques à la baisse, le Dow Jones a progressé, tout comme l'indice Russell 2000 des petites capitalisations, et l'indice « value » du S&P 500 a surperformé l'indice « growth » lors de la séance de jeudi.

« La rotation sectorielle est le maître-mot. On observe un regain d'intérêt pour les petites capitalisations, le Dow et les valeurs cycliques, dans l'anticipation d'une réaccélération de la croissance mondiale », analyse Matthew Miskin, co-stratège en chef des investissements chez Manulife John Hancock Investments.

Les investisseurs continuaient par ailleurs d'assimiler la décision de la Fed annoncée mercredi. La banque centrale américaine a abaissé ses taux directeurs de 25 points de base et son président Jerome Powell a laissé entendre une pause dans l'assouplissement monétaire. Toutefois, les marchés ont été soulagés de constater que la Fed maintenait la perspective de deux baisses de taux supplémentaires sur son « dot plot », alors même que l'inflation reste élevée et que des signes de faiblesse apparaissent sur le marché de l'emploi.

Mark Malek, directeur des investissements chez Siebert Financial, estime que la réunion de la Fed et les propos de Powell ont constitué un soutien pour les marchés jeudi.

« De toute évidence, le marché s'attendait à un discours plus restrictif. La plupart d'entre nous anticipaient que le président Powell adopterait un ton plus négatif », explique-t-il, ajoutant que l'accent mis par la Fed sur l'emploi comme élément à surveiller de près est à noter.

Pour illustrer ce point, les données publiées jeudi par le département du Travail ont montré que les inscriptions hebdomadaires au chômage ont atteint 236 000 pour la semaine close le 6 décembre, contre une estimation de 220 000.

Selon des données provisoires, le S&P 500 a gagné 14,34 points (+0,21%) pour terminer à 6 902,19 points, tandis que le Nasdaq Composite a perdu 60,30 points (-0,25%) à 23 597,26 points. Le Dow Jones Industrial Average a progressé de 651,37 points (+1,36%) à 48 709,12 points.

Les valeurs de la communication et de la technologie, ainsi que l'indice des semi-conducteurs de Philadelphie, ont reculé durant la séance, tandis que les plus fortes progressions ont été observées du côté des matériaux et des financières.

L'action Broadcom a fléchi avant la publication très attendue de ses résultats, prévue après la clôture.

L'indice vedette Dow Jones a atteint un record en séance, soutenu par la hausse des valeurs financières.

Visa a progressé, tout comme d'autres sociétés de paiement, tandis que JP Morgan et Goldman Sachs étaient également en forte hausse.

Le titre Walt Disney a avancé après l'annonce d'un investissement en actions d'un milliard de dollars dans OpenAI, une décision qui pourrait, selon Mark Malek (Siebert), apaiser certaines inquiétudes concernant le secteur de l'IA.