Le Fonds a précisé que ce qui n'était au départ qu'un usage de niche des cryptomonnaies est devenu une voie de paiement majeure. Le Nigeria a ainsi enregistré environ 59 milliards de dollars de flux entrants en cryptomonnaies entre juillet 2023 et juin 2024, représentant environ 60 % des flux de stablecoins en Afrique subsaharienne.
Les stablecoins — des cryptomonnaies indexées sur des actifs et conçues pour maintenir une valeur stable — ont gagné en popularité à l'échelle mondiale, portés en partie par le soutien du président américain Donald Trump.
Leur stabilité de prix, combinée à la rapidité des transferts via smartphones et portefeuilles numériques, a favorisé une adoption rapide au Nigeria, selon le FMI.
Pour les utilisateurs, ils offrent des paiements transfrontaliers quasi instantanés et un moyen de conserver de la valeur en dehors d'une monnaie nationale, le naira, particulièrement volatile, jetant ainsi un pont entre les marchés des cryptomonnaies et la finance traditionnelle.
Ils permettent également de contourner les canaux de transfert de fonds conventionnels, où l'envoi de 200 dollars vers l'Afrique subsaharienne coûte en moyenne environ 9 % de la valeur de la transaction, contre une moyenne mondiale de 6 %, a souligné le FMI, citant des données de la Banque mondiale.
Toutefois, leur essor pose des défis en matière de politiques publiques.
L'utilisation généralisée de jetons liés au dollar pourrait affaiblir la politique monétaire en réduisant la demande de nairas, tandis que le déplacement des transactions vers des portefeuilles numériques complique la surveillance et accroît le risque de flux illicites, a conclu le FMI.

























