Cette mesure constitue l'initiative la plus ambitieuse à ce jour de la Securities and Exchange Commission (SEC) nigériane en faveur d'une recapitalisation plus large du secteur financier, marquant une refonte en profondeur après des années d'avertissements concernant la sous-capitalisation des entreprises et faisant suite à la réforme bancaire menée par la banque centrale en 2024.
Le régulateur a indiqué que ces mesures visent à renforcer la résilience du marché, protéger les investisseurs et placer les plateformes d'actifs numériques plus fermement sous sa supervision.
Ce nouveau cadre entre en vigueur immédiatement. Les entreprises disposent jusqu'au 30 juin 2027 pour s'y conformer, sous peine de suspension ou de retrait de licence, bien que le régulateur puisse accorder des plans de transition au cas par cas.
Dans le cadre de cette refonte, les courtiers doivent désormais détenir 600 millions de nairas (423 143 $) de capital, contre 200 millions auparavant, tandis que les opérateurs pour compte propre doivent détenir 1 milliard de nairas, soit une multiplication par dix.
Les courtiers-négociateurs doivent disposer de 2 milliards de nairas, contre 300 millions auparavant, et les courtiers inter-dépositaires font face à l'une des plus fortes hausses, passant de seulement 50 millions à 2 milliards de nairas.
Les analystes s'attendaient à des augmentations, mais l'ampleur de ces mesures souligne la volonté de renforcer les bilans et de protéger davantage les investisseurs. Selon eux, ces nouveaux seuils devraient restructurer le secteur, favorisant les grands acteurs et poussant les plus petits vers des fusions, des acquisitions ou des repositionnements stratégiques.
Les sociétés de gestion de fonds doivent également s'adapter. Les gestionnaires de niveau 1, qui gèrent des organismes de placement collectif et des fonds alternatifs avec jusqu'à 40 % d'exposition étrangère, doivent désormais détenir 5 milliards de nairas, contre 150 millions auparavant. Les gestionnaires de niveau 2 doivent conserver 2 milliards de nairas, tandis que ceux gérant plus de 100 milliards de nairas d'actifs doivent détenir au moins 10 % de ces actifs en capital.
Les opérateurs du marché primaire voient également leurs exigences augmenter fortement. Les maisons d'émission doivent détenir 2 milliards de nairas, les assureurs 7 milliards de nairas, et les assureurs indépendants 5 milliards de nairas, contre 200 millions auparavant pour chacun.
Les fournisseurs d'infrastructures de marché doivent désormais détenir entre 5 et 10 milliards de nairas, dont 10 milliards pour les contreparties centrales.
La SEC a également relevé les seuils de capital pour les entreprises d'actifs numériques, imposant 2 milliards de nairas aux bourses et dépositaires, et fixant un minimum d'1 milliard de nairas pour les tokenisateurs d'actifs réels. Elle exige que les gestionnaires de garanties de matières premières et les exploitants d'entrepôts disposent chacun de 500 millions de nairas.
(1 $ = 1 417,9600 nairas)
(Reportage de Elisha Bala-Gbogbo. Rédaction de Mark Potter)


















