Les parlementaires kényans ont adopté un projet de loi visant à réglementer les actifs numériques tels que les cryptomonnaies, a annoncé lundi un haut responsable du Parlement. Cette initiative vise à encourager les investissements dans ce secteur en plein essor en instaurant des règles claires pour cette industrie émergente.

Les législateurs ont adopté la semaine dernière le projet de loi sur les fournisseurs de services d'actifs virtuels, a précisé Kuria Kimani, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, qui entend ainsi répondre aux inquiétudes liées à l'absence de cadre réglementaire clair pour encadrer le secteur.

Cette décision rapproche la nation d'Afrique de l'Est de l'Afrique du Sud, qui fait partie des rares pays africains à disposer d'une législation régissant l'industrie des actifs numériques. Il ne reste plus qu'au président William Ruto de promulguer le texte pour qu'il entre en vigueur.

La loi désigne la banque centrale comme autorité de délivrance des licences pour l'émission de stablecoins et autres actifs virtuels, tandis que l'autorité des marchés financiers sera chargée de l'agrément des opérateurs de plateformes d'échange de cryptomonnaies et autres plateformes de négociation.

Cette initiative gouvernementale intervient alors que de nombreux pays se préparent à une expansion des stablecoins adossés au dollar américain, que les régulateurs mondiaux estiment susceptibles de fragiliser les monnaies des économies moins développées.

Selon Kuria Kimani, la clarté juridique attendue devrait attirer davantage d'investissements dans le secteur des technologies financières, notamment de la part de plateformes d'échange de cryptomonnaies telles que Binance et Coinbase, évoquant des échanges passés entre ces entreprises et le gouvernement.

« Nous espérons que le Kenya pourra désormais devenir la porte d'entrée de l'Afrique », a-t-il déclaré. « La plupart des jeunes de 18 à 35 ans utilisent aujourd'hui les actifs virtuels pour le trading, le règlement de paiements, l'investissement ou le développement de leurs activités. »

Bien que l'industrie des actifs numériques ait connu une croissance exponentielle à travers le monde au cours de la dernière décennie, la question de la régulation demeure un enjeu majeur, les gouvernements cherchant à empêcher les criminels de tirer parti de l'anonymat de ces systèmes.

La législation kényane s'inspire des pratiques déjà établies dans des pays comme les États-Unis et la Grande-Bretagne, a précisé Kuria Kimani.

Le Kenya est reconnu pour son rôle de pionnier dans les services financiers mobiles, notamment grâce à la technologie M-Pesa, exploitée par la société de télécommunications Safaricom, qui propose des services de transfert d'argent, d'épargne et d'investissement à des dizaines de millions de personnes.