Il serait 'imprudent' de présumer que la situation dans le détroit d'Ormuz reviendra à son état d'avant-guerre avec l'Iran, a déclaré mardi le dirigeant du groupe de transport maritime français CMA CGM.

CMA CGM, troisième transporteur mondial de conteneurs, figure parmi les entreprises dont les navires sont bloqués dans le Golfe depuis le début du conflit. Celui-ci a virtuellement fermé cette voie navigable par laquelle transite un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole et en GNL.

'Même si une solution de paix est mise en oeuvre dans les prochaines semaines, rien ne garantit qu'une autre crise ne surviendra pas plus tard, et nous ne pouvons pas rester prisonniers d'Ormuz', a déclaré Rodolphe Saadé, Président-Directeur Général de CMA CGM, lors d'une audition parlementaire.

'Je ne resterai pas focalisé sur l'idée que le détroit d'Ormuz va rouvrir et que tout redeviendra comme avant', a-t-il précisé. 'Malheureusement, je pense qu'il serait imprudent de réagir ainsi.'

CMA CGM pourrait continuer de proposer des itinéraires alternatifs à ses clients afin de s'adapter à un contexte géopolitique turbulent, a ajouté M. Saadé.

À l'instar de ses concurrents, le groupe marseillais s'est empressé de contourner Ormuz pour desservir le Golfe, acheminant les marchandises par route et par rail depuis des ports plus éloignés.

M. Saadé, qui contrôle le groupe avec d'autres membres de sa famille, a indiqué que CMA CGM transportait environ un tiers du volume de conteneurs vers le Golfe par rapport à la période d'avant-guerre.

Le groupe estime que le recours à ces routes alternatives lui coûtera 300 millions de dollars supplémentaires au premier semestre, a précisé le directeur financier Ramon Fernandez lors de cette même audition.

CMA CGM comptait 14 navires bloqués dans le Golfe au début de la guerre avec l'Iran. Deux ont pu repartir depuis, mais l'un des bâtiments restants a été touché le mois dernier lors d'une attaque qui a blessé huit marins.