Les électeurs doivent trancher entre la conservatrice Keiko Fujimori, fille de l'ancien président à la main de fer Alberto Fujimori - emprisonné plus tard pour violations des droits de l'homme -, et le gauchiste Roberto Sanchez, candidat au chapeau de cow-boy qui cherche à capter l'adhésion des zones rurales, à l'instar de l'ex-président déchu Pedro Castillo.
Les derniers sondages font état d'une égalité statistique entre les deux prétendants.
Le Chili, l'Argentine, le Costa Rica et l'Equateur ont tous porté des présidents de droite au pouvoir lors de leurs dernières échéances, tandis que la Bolivie a mis fin à deux décennies de régime socialiste lors de la présidentielle de l'an dernier.
Les électeurs péruviens ont confié aux instituts de sondage que leur préoccupation majeure reste l'insécurité. L'explosion des taux d'homicides et de l'extorsion a déclenché de vastes manifestations et conduit à l'impeachment de l'ancienne présidente Dina Boluarte.
Mme Fujimori, qui avait auparavant tenté de prendre ses distances avec la politique autoritaire et sécuritaire de son père, a remporté le premier tour en avril en s'appuyant précisément sur cet héritage. Elle a comparé la lutte de son père contre les insurgés maoïstes au combat actuel du pays contre le crime organisé.
'Nous nous souvenons de l'héritage de son père qui a bâti un bon gouvernement. Il a mis fin au terrorisme et à l'hyperinflation', a déclaré Willy Policarpo, 44 ans, travailleur indépendant et 'fujimoriste' de toujours, venu de la région centrale de Huancayo pour la clôture de la campagne jeudi.
Il s'agit du quatrième second tour pour Keiko Fujimori. En 2021, elle s'est inclinée face à Pedro Castillo par environ 45'000 voix, soit un écart d'un peu plus de 0,2%.
Roberto Sanchez espère réitérer la victoire de Castillo en se concentrant sur l'autre grand défi politique du Pérou : les inégalités et la fracture socio-économique profonde entre la capitale, Lima, et les régions rurales.
M. Sanchez a promis un programme de réformes ambitieuses, incluant une nouvelle Constitution, une refonte des concessions minières et un renforcement des investissements dans les campagnes.
Ses propositions ont trouvé un écho favorable, notamment auprès du secteur minier informel en pleine croissance, mais elles ont inquiété les investisseurs. La Bourse de Lima a reculé vendredi alors que sa campagne gagnait du terrain dans les sondages pour revenir à hauteur de Mme Fujimori.
Les tensions sont vives, et un premier tour chaotique a donné lieu à des accusations de fraude et des menaces de manifestations dans les deux camps. Le vainqueur devra également composer avec un Congrès fragmenté qui a destitué trois présidents au cours des cinq dernières années.
Les bureaux de vote ouvrent à 7h00 (12h00 GMT) et fermeront à 17h00 (22h00 GMT). Les premiers résultats sont attendus sous trois heures, bien que le décompte officiel puisse prendre plusieurs semaines. (Reportage Alexander Villegas et Marco Aquino ; version française par un analyste financier)























