Paris (awp/afp) - Le pétrole et les métaux précieux lâchent du lest jeudi, après une déclaration de Donald Trump assurant que les "tueries" en Iran avaient "pris fin", perçue comme un signe de désescalade entre Washington et Téhéran, pendant que les Bourses mondiales profitaient du secteur technologique.

Vers 15H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord perdait 4,34% à 63,63 dollars et son équivalent américain, le WTI abandonnait 4,56% à 59,19 dollars.

Les prix du brut ont chuté "après que le président Trump a déclaré que les violences avaient cessé en Iran, ce qui a apaisé les inquiétudes concernant une action militaire imminente dans le pays", commente Fiona Cincotta, analyste marchés chez City Index.

Les cours de l'or noir avaient grimpé de 10% en cinq séances, en réaction aux tensions en Iran, secoué par un vaste soulèvement populaire violemment réprimé, et les menaces d'intervention militaire de Washington contre Téhéran.

"Des frappes auraient pu menacer la production de pétrole brut iranien ainsi que des routes maritimes clés, ce qui aurait fortement accru la prime de risque géopolitique", explique Mme Cincotta. Mais "à mesure que cette prime de risque s'estompe, les prix du pétrole reculent."

Les investisseurs redoutent en effet des perturbations paralysant le détroit d'Ormuz par lequel transite 20% du pétrole mondial.

Mais des propos du président américain Donald Trump, qui a affirmé mercredi que "les tueries" en Iran avaient "pris fin", ont été perçus par les investisseurs comme des signes de désescalade.

Les métaux précieux reculaient également jeudi, suivant le mouvement.

Vers 15H00 GMT, l'once d'or refluait de 0,27%, à 4.613,96 dollars, après sa série de records poussés par le risque géopolitique, le dernier en date remontant à mercredi, à 4.642,98 dollars.

De son côté, après avoir franchi un nouveau sommet dans la nuit, à 93,7515 dollars l'once, l'argent s'est effondré jusqu'à -7,3%. Il a atténué ensuite sa chute, en baisse de 2,72% à 90,6290 dollars l'once.

La tech soutient les Bourses

Outre-Atlantique, "les actions américaines ont ouvert en forte hausse, tirées par la technologie", commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.

Dans les premiers échanges, le Dow Jones prenait 0,50%, l'indice Nasdaq gagnait 0,77% et l'indice élargi S&P 500 avançait de 0,53%.

"Cette dynamique fait suite à une série de résultats spectaculaires de TSMC à Taïwan, confirmant que la demande de semi-conducteurs reste robuste", et les Etats-Unis étant beaucoup plus exposés au secteur tech que l'Europe.

Les semi-conducteurs bondissaient après que le géant taïwanais TSMC a annoncé avoir vu son bénéfice net progresser de 35% au quatrième trimestre, surfant sur la demande pour les technologies d'intelligence artificielle (IA) malgré des "défis" à prévoir sur ses coûts liés à son expansion accélérée.

A Wall Street, Nvidia prenait 2,77%, Micron Technology gagnait 3,33% et ARM 2,45%.

A Amsterdam, ASM International s'envolait de 10,69% et ASML de 6,66%.

Le secteur pourrait "prolonger son rebond à mesure que l'enthousiasme pour le thème de l'intelligence artificielle revient sur les marchés financiers", relève Mme Brooks.

"Malgré le soutien apporté par les valeurs des semi-conducteurs", les marchés d'actions européens étaient plus "mitigés" jeudi, constate Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets.

Vers 15H00 GMT, Paris perdait 0,25% quand Francfort prenait 0,04%, Londres 0,59% après avoir atteint un nouveau record en séance dans la matinée, et Milan gagnait 0,38%.

Le secteur bancaire américain sous les projecteurs

"Le secteur bancaire américain est également sous les projecteurs", souligne Kathleen Brooks.

La banque d'affaires américaine Morgan Stanley (+3,86% à Wall Street) a publié jeudi des résultats supérieurs aux attentes du marché, soutenus par sa banque d'investissement, selon un communiqué de l'entreprise.

Le bénéfice net s'affiche en hausse de 19% sur un an, à 4,4 milliards de dollars. Rapporté par action, indicateur scruté par Wall Street, il atteint 2,68 dollars, soit mieux que les 2,41 dollars anticipés par les analystes.

Le bénéfice net de Goldman Sachs (+2,78%) a lui atteint 4,38 milliards de dollars au quatrième trimestre, soit une hausse de 12% sur un an, profitant de l'essor de sa branche de banque d'affaires et des commissions sur les opérations de marchés.

afp/cw