Washington (awp/afp) - Le pétrole a perdu du terrain jeudi, après des propos conciliants de Donald Trump sur l'Iran, perçus comme un signe de désescalade entre les deux pays, tandis que les Bourses mondiales ont clôturé en hausse.

Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, a reculé de 4,15% à 63,76 dollars.

Le baril du brut américain West Texas Intermediate, pour livraison en février, a cédé 4,56% à 59,19 dollars.

"Un certain calme semble s'installer autour de la situation iranienne", résume auprès de l'AFP Robert Yawger, de Mizuho USA.

Donald Trump, qui avait menacé plusieurs fois d'intervenir en Iran ces derniers jours, en riposte à la répression sanglante des manifestations, a adouci son ton mercredi lors d'un événement à la Maison Blanche.

Interrogé par l'AFP pour savoir si une intervention militaire américaine était désormais écartée, le président américain a répondu: "On observera ça et on verra quelle est la suite."

"Nous avons été informés par des sources très importantes de l'autre côté, et elles ont dit que les tueries avaient pris fin", a-t-il aussi déclaré.

La Maison Blanche a, elle, assuré jeudi que Téhéran avait renoncé à 800 exécutions de manifestants initialement prévues mercredi.

Le marché ne "s'attend plus à voir une intervention américaine dans un avenir proche", note ainsi M. Yawger.

Les cours avaient grimpé de plus de 8% ces derniers jours avec la crainte qu'une escalade militaire dans cette région, sensible pour le pétrole, n'entraîne d'importantes ruptures d'approvisionnement.

Les métaux précieux, considérés comme des valeurs refuges face aux incertitudes géopolitiques, ont également reculé jeudi.

Vers 21H30 GMT, l'once d'or refluait de 0,27%, à 4.613,87 dollars, après sa série de records, dont le dernier remonte à mercredi, à 4.642,98 dollars.

De son côté, après avoir franchi un nouveau sommet dans la nuit à 93,7515 dollars l'once, l'argent reculait de 0,81% à 92,4015 dollars.

La tech soutient les Bourses

A New York, Wall Street a notamment été "tirée par la technologie", commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.

Le Dow Jones a gagné 0,60%, l'indice Nasdaq a progressé de 0,25% et l'indice élargi S&P 500 s'est octroyé 0,26%.

Les performances financières du géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC ont "ravivé l'enthousiasme pour les secteurs technologique et de l'IA (intelligence artificielle, ndlr)", commente auprès de l'AFP Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities.

L'entreprise, qui fabrique entre autres les puces du mastodonte Nvidia, a été applaudie pour ses résultats du quatrième trimestre, notamment le bond de 35% de son bénéfice net sur la période.

Son titre a gagné 4,47% à 341,74 dollars, et a emporté dans son sillage le reste du secteur des semi-conducteurs, à l'image de Nvidia (+2,10%), AMD (+1,93%) ou Broadcom (+0,92%).

A Amsterdam, ASM International a terminé sur un bond de 11,24% et ASML de 6,01%. A Francfort, Infineon (+0,50%), Aixtron (+5,70%) et Suss (+10,70%) ont aussi terminé en hausse.

En Europe, Francfort a gagné 0,26%, Milan 0,44% et Londres 0,54%, terminant sur un nouveau record en séance comme en clôture. Seule la Bourse de Paris a perdu 0,21%. A Zurich, le SMI a gagné 0,09%.

Les banques américaines saluées

"Globalement, les grandes banques américaines ont publié de solides résultats (...) ce qui suggère que l'économie américaine reste en bonne santé", souligne Kathleen Brooks.

La banque d'affaires américaine Morgan Stanley (+5,81% à 191,29 dollars) a profité de résultats supérieurs aux attentes pour le quatrième trimestre.

Le bénéfice net du groupe s'affiche à 4,4 milliards de dollars, en hausse de 19% sur un an.

Goldman Sachs a aussi terminé dans le vert (+4,63% à 975,88 dollars) après avoir vu son bénéfice net augmenter de 12% (sur un an) grâce à l'essor de sa banque d'affaires et des commissions sur les opérations de marchés.

Contrat avec l'armée française pour Daimler Truck

Le leader mondial des camions Daimler Truck (+1,98% à 41,64 euros à Francfort), allié au français Arquus, filiale du groupe belge John Cockerill, a indiqué jeudi avoir reçu du ministère français des Armées un contrat pour la livraison de 7.000 camions militaires pour l'armée française.

La valeur du contrat avoisine les 2 milliards d'euros, a indiqué une source proche des entreprises à l'AFP, confirmant une information publiée mercredi dans Les Echos.

afp/rp