Washington (awp/afp) - Dopés par la dégringolade des prix du brut et un regain d'espoir quant à une résolution du conflit au Moyen-Orient, les Bourses mondiales ont terminé en nette hausse mercredi et le marché de la dette s'est détendu.

"C'est juste l'un de ces jours où l'on peut apaiser quelque peu les tensions au Moyen-Orient", relève auprès de l'AFP Jack Ablin, du gestionnaire de fortune Cresset.

L'Iran a annoncé mercredi soir examiner une nouvelle proposition de paix américaine via le médiateur pakistanais.

Donald Trump a de son côté laissé la porte ouverte à la diplomatie en affirmant "ne pas être pressé" de conclure formellement un accord, les pourparlers entrant selon lui dans leur "dernière phase".

Ces déclarations ont fait chuter les cours de l'or noir.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a lâché 5,63% à 105,02 dollars, son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate est tombé de 5,66% à 98,26 dollars.

La tendance était déjà baissière depuis l'annonce du franchissement du détroit d'Ormuz par un pétrolier sud-coréen, un passage facilité par l'Iran, selon Séoul.

"Si un accord était conclu, les opérateurs s'attendent à ce que le détroit d'Ormuz soit rouvert, permettant ainsi à des barils de revenir sur le marché", remarque auprès de l'AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

Un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié transitait avant la guerre par cet étroit passage, désormais presque totalement bloqué.

- Le marché de la dette souffle un peu -

Grâce à ce recul des prix de l'énergie, le marché obligataire s'est quelque peu décrispé.

Vers 20H30 GMT, le rendement à dix ans des emprunts de l'Etat américain évoluait à 4,58%, contre 4,67% à la clôture mardi. Un tel mouvement est inhabituel.

Son équivalent à 30 ans passait de 5,18% à 5,12%.

Le taux d'intérêt de l'emprunt allemand à échéance dix ans, référence en Europe, reculait à 3,08%, contre 3,19% la veille. Son équivalent français se repliait à 3,71%, contre près de 3,83% la veille.

Pour autant, "cela fait deux mois que l'on entend parler de négociations (de paix, ndlr), les investisseurs prennent donc les déclarations du président Trump avec une certaine prudence", assure Jack Ablin.

Les taux restent à des niveaux bien supérieurs à ceux observés au début du conflit, et même il y a quelques jours.

- Les Bourses profitent de l'optimisme ambiant -

"Historiquement, les marchés ont eu du mal à maintenir des valorisations élevées dans des environnements où les taux d'emprunt augmentent fortement", rappelle Daniela Hathorn, analyste senior des marchés chez Capital.com.

Les Bourses mondiales ont donc bénéficié de l'accalmie du côté du coût de la dette.

A Wall Street, le Dow Jones a pris 1,31%, l'indice Nasdaq à forte coloration technologique a avancé de 1,54% et l'indice élargi S&P 500 a gagné 1,08%.

En Europe, la Bourse de Paris a terminé en hausse de 1,70%, Francfort de 1,38%, Londres a gagné 0,99% et Milan 1,71%. A Zurich, le SMI a gagné 0,26%.

- Attente de Nvidia -

Les investisseurs se sont préparés à accueillir les performances trimestrielles du géant des puces électroniques Nvidia, symbole de l'engouement pour l'intelligence artificielle (IA).

Comme espéré, la première capitalisation mondiale a fait largement mieux qu'attendu pour le premier trimestre de son exercice décalé, selon ses résultats publiés après la clôture de Wall Street mercredi.

"Dans l'imaginaire des investisseurs, les résultats de Nvidia seraient de nature à relancer la machine de cet écosystème de l'intelligence artificielle en Bourse", constate Guillaume Chaloin, directeur de la gestion actions de Delubac AM.

Preuve de l'optimisme, à Paris, STMicroelectronics a pris la tête du CAC 40, gagnant 5,98%, Soitec a bondi de 10,37%. A Francfort, Infineon a gagné 5,11% et à Amsterdam, ASML a pris 6,73%.

A New York, Intel a grimpé de 7,36%, ARM s'est envolé de 15,05%.

Dans les échanges électroniques après la séance régulière, le titre Nvidia reculait cependant de 0,66%.

afp/rp