Tokyo (awp/afp) - Le pétrole recule mardi, guettant la reprise possible de négociations entre Téhéran et Washington à Islamabad sur fond de tensions dans le détroit d'Ormuz, une perspective qui a faisait grimper les Bourses en Asie.

Le pétrole s'incline, l'oeil sur le Pakistan

Vers 06H30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, se repliait de 1,43% à 88,33 dollars. Il retombait après avoir gagné jusqu'à 8% la veille, après la saisie d'un cargo iranien par les Etats-Unis dans le golfe d'Oman.

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, cédait 0,96% à 94,56 dollars.

Les investisseurs continuent de guetter les développements du conflit au Moyen-Orient: alors qu'une délégation américaine doit se rendre au Pakistan en vue de discussions avec l'Iran, Téhéran n'a pas encore confirmé sa participation.

L'ultimatum sur le cessez-le-feu expire "mercredi soir, heure de Washington", a déclaré Donald Trump à l'agence Bloomberg, jugeant "très improbable" l'extension de la trêve actuelle. Elle doit s'achever en théorie dans la nuit de mardi à mercredi, heure de Téhéran.

L'Iran n'a pas "à ce stade" de "projet pour le prochain cycle de négociations et aucune décision n'a été arrêtée à ce sujet", a fait savoir son porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.

Il a ajouté que la saisie d'un cargo iranien par Washington, son blocus naval des ports iraniens et les retards dans la mise en oeuvre du cessez-le-feu au Liban constituaient autant de "violations manifestes du cessez-le-feu" avec les Etats-Unis.

Pour autant, les investisseurs semblaient faire preuve d'un optimisme prudent qui permettait aux prix de reprendre leur souffle.

"D'un côté, le marché croit à la poursuite des négociations, voire à leur formalisation par un mémorandum prolongeant le cessez-le-feu. De l'autre, le risque persiste d'une rupture des pourparlers et d'une reprise de l'escalade", constate Stephen Innes, de SPI Asset Management.

"Les investisseurs n'adoptent pas de positions agressives pour anticiper l'un ou l'autre scénario. Ils gèrent leur exposition dans un contexte où les deux restent plausibles (...). L'inquiétude est présente, mais accompagnée de l'espoir prudent qu'une issue reste possible", poursuit-il.

L'or reculait de 0,9% à 4777 dollars l'once. La monnaie américaine se stabilisait face à la devise japonaise, à 158,85 yens pour un dollar.

Bourses prudemment optimistes, la tech porte Séoul

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en hausse de 0,89% à 59'349,17 points, et l'indice élargi Topix a cédé 0,18% à 3770,38 points.

A Séoul, l'indice Kospi a bondi de 2,72% après s'être hissé en séance à un nouveau sommet historique à quelque 6388 points, dopé par la flambée des valeurs tech sur fond de fièvre sur l'IA. La tech a aussi poussé Taipei (+1,75%). Sydney a en revanche cédé 0,04%

L'indice hongkongais Hang Seng gagnait 0,41% vers 06H30 GMT.

"Les marchés sont une fois de plus confrontés à un scénario en évolution rapide au Moyen-Orient (...). Les Bourses sont loin de céder à la panique, ce qui suggère que les investisseurs n'ont pas encore pleinement intégré le scénario du pire", souligne Daniela Hathorn, du courtier Capital.com.

"Les marchés sont conscients des risques, mais penchent toujours pour l'idée qu'une escalade sera, en fin de compte, évitée. Cette perspective repose sur une hypothèse clé: tant les Etats-Unis que l'Iran ont intérêt à parvenir à une forme d'accord", poursuit-elle.

Et à Séoul et Taipei, les fondamentaux des entreprises technologiques reprenaient le dessus.

"Le secteur tech revient sur le devant de la scène, les marchés délaissant l'actualité liées à la guerre pour se concentrer sur les résultats des entreprises et la demande en matière d'IA", insiste Anna Wu, de Van Eck Associates, citée par Bloomberg.

Cotation en fanfare d'un fournisseur de Nvidia

Le titre du chinois Victory Giant Technology, fournisseur de Nvidia, a bondi de près de 60% en début de séance lors de son introduction à la Bourse de Hong Kong mardi, lui permettant de lever plus de 1,87 milliard d'euros.

L'entreprise fabrique des circuits imprimés haut de gamme, composants essentiels pour les serveurs d'intelligence artificielle (IA) et l'un de ses principaux clients est le mastodonte américain des puces Nvidia.

Cette introduction est la plus importante pour la place hongkongaise depuis celle du groupe minier Zijin Gold International en septembre.

afp/jh