Trump a invité le monde à se préparer à "deux jours incroyables", alors que le chef de l'armée du Pakistan, agissant en qualité de médiateur, est arrivé à Téhéran dans le but de prévenir une reprise des hostilités.
Le contrat à terme sur le Brent a gagné 1,14 dollar, soit 1,2%, à 95,93 dollars le baril à 16h02 GMT, tandis que le brut américain West Texas Intermediate (WTI) s'adjugeait 1,19 dollar, soit 1,3%, à 95,93 dollars.
Quarante-cinq jours après que les Gardiens de la Révolution iraniens ont déclaré le détroit fermé, bloquant de fait environ 20% des expéditions mondiales de pétrole et de GNL, le transit n'y représente toujours qu'une fraction des quelque 130 passages quotidiens enregistrés avant la guerre, selon des sources sectorielles.
Les États-Unis ont mis en place un blocus des navires quittant les ports iraniens qui, selon l'armée américaine, a totalement interrompu les échanges maritimes entrants et sortants du pays.
"Les récentes données de suivi montrent un nombre restreint mais croissant de pétroliers transitant par le détroit d'Ormuz, même si le trafic global reste nettement inférieur aux niveaux normaux", ont déclaré les analystes du cabinet de conseil en énergie Gelber & Associates.
"Il en résulte un marché qui n'intègre plus une interruption totale, mais qui conserve une prime résiduelle car les flux se rétablissent de manière inégale au lieu de revenir brutalement à la normale", ont ajouté les analystes de Gelber.
LE MONDE FACE AUX PERTURBATIONS DE L'OFFRE
Les ministres des Finances d'une dizaine de pays, sous l'impulsion de la Grande-Bretagne, ont appelé les États-Unis, Israël et l'Iran à mettre pleinement en oeuvre leur cessez-le-feu, soulignant que le conflit pèserait sur l'économie mondiale et les marchés même en cas de résolution rapide.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que l'économie américaine ralentirait ce trimestre, tout en affirmant qu'elle restait solide et rebondirait, ajoutant que les prix du pétrole ne semblaient pas peser sur les anticipations d'inflation.
Accentuant l'incertitude économique, Trump a menacé de limoger Jerome Powell de son siège distinct au Conseil des gouverneurs de la banque centrale américaine si le président de la Fed ne quittait pas également ce poste à l'expiration de son mandat de dirigeant de l'institution le 15 mai.
Les analystes craignent qu'une politisation accrue des décisions sur les taux d'intérêt ne réduise la capacité de la Fed à contrôler l'inflation. Trump souhaite que la Fed baisse ses taux, ce qui réduirait les coûts pour les consommateurs et pourrait stimuler la croissance économique ainsi que la demande de brut.
La hausse des prix du pétrole pourrait entraîner une augmentation des anticipations d'inflation des consommateurs, a déclaré Austan Goolsbee, président de la Fed de Chicago, lors d'un entretien au Financial Times, ajoutant que la banque centrale américaine est confrontée à un double péril issu de la guerre en Iran et des tarifs douaniers de Trump.
La guerre au Moyen-Orient a intensifié les tensions sur une situation budgétaire mondiale déjà fragile, la hausse des taux d'intérêt et le renchérissement de l'énergie alimentant les appels au soutien des marchés émergents et des économies en développement, a indiqué mercredi le Fonds monétaire international dans son rapport "Fiscal Monitor".
Le Japon a annoncé la mise en place d'un cadre financier d'environ 10 milliards de dollars pour aider les pays asiatiques à s'approvisionner en ressources énergétiques et à renforcer leurs stocks.
La Russie est prête à accroître ses livraisons d'énergie à la Chine avant une visite attendue du président Vladimir Poutine, ont rapporté les agences de presse russes citant le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
STOCKS DE PÉTROLE AUX ÉTATS-UNIS
L'un des facteurs de soutien aux cours du brut américain a été le rapport surprise de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), montrant que les entreprises du secteur ont puisé 0,9 million de barils dans les réserves au cours de la semaine achevée le 10 avril.
Ce chiffre contraste avec l'augmentation de 0,15 million de barils prévue par les analystes lors d'un sondage Reuters, et avec la hausse de 6,1 millions de barils signalée mardi par l'American Petroleum Institute (API) selon des sources de marché.


















