Paris (awp/afp) - Le pétrole et les métaux précieux lâchent du lest jeudi, après une déclaration de Donald Trump assurant que les "tueries" en Iran avaient "pris fin", perçue comme un signe de désescalade entre Washington et Téhéran, pendant que le secteur technologique soutient les Bourses mondiales.
Vers 16H45 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord perdait 4,52% à 63,51 dollars et son équivalent américain, le WTI abandonnait 4,71% à 59,10 dollars.
Les prix du brut ont chuté "après que le président Trump a déclaré que les violences avaient cessé en Iran, ce qui a apaisé les inquiétudes concernant une action militaire imminente dans le pays", commente Fiona Cincotta, analyste marchés chez City Index.
Les cours de l'or noir avaient grimpé de 10% en cinq séances, en réaction aux tensions en Iran, secoué par un vaste soulèvement populaire violemment réprimé, et les menaces d'intervention militaire de Washington contre Téhéran.
"Des frappes auraient pu menacer la production de pétrole brut iranien ainsi que des routes maritimes clés" comme le détroit d'Ormuz par lequel transite 20% du pétrole mondial, "ce qui aurait fortement accru la prime de risque géopolitique", explique Mme Cincotta.
Mais des propos du président américain Donald Trump, qui a affirmé mercredi que "les tueries" en Iran avaient "pris fin", ont été perçus par les investisseurs comme des signes de désescalade.
Les métaux précieux reculaient également jeudi, suivant le mouvement.
Vers 16H45 GMT, l'once d'or refluait de 0,37%, à 4.609,42 dollars, après sa série de records poussés par le risque géopolitique, le dernier remontant à mercredi, à 4.642,98 dollars.
De son côté, après avoir franchi un nouveau sommet dans la nuit à 93,7515 dollars l'once, l'argent s'est effondré jusqu'à -7,3%. Il ralentissait sa chute vers 16H45 GMT, cédant 1,80% à 91,4872 dollars l'once.
La tech soutient les Bourses
A Wall Street, les marchés d'actions sont "tirés par la technologie", commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Vers 16H45 GMT, le Dow Jones prenait 0,81%, l'indice Nasdaq 1,02% et l'indice élargi S&P 500 0,73%.
"Cette dynamique fait suite à une série de résultats spectaculaires de TSMC à Taïwan, confirmant que la demande de semi-conducteurs reste robuste", les Etats-Unis étant par ailleurs beaucoup plus exposés au secteur tech que l'Europe.
Les semi-conducteurs bondissaient après que le géant taïwanais TSMC a annoncé avoir vu son bénéfice net progresser de 35% au quatrième trimestre, surfant sur la demande pour les technologies d'intelligence artificielle (IA) malgré des "défis" à prévoir sur ses coûts liés à son expansion accélérée.
A Wall Street, Nvidia prenait 2,40%, Micron Technology gagnait 3,46% et ARM 2,61%.
A Amsterdam, ASM International a terminé sur un bond de 11,24% et ASML de 6,01%. A Francfort, Infineon (+0,50%) , Aixtron (+5,70%) et Suss (+10,70%) ont aussi terminé en hausse.
"Malgré le soutien apporté par les valeurs des semi-conducteurs", les marchés d'actions européens ont terminé plus "mitigés" jeudi, constate Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets.
La Bourse de Paris a perdu 0,21%, quand Francfort a gagné 0,26%, Milan 0,44% et Londres 0,54%, terminant sur un nouveau record en séance comme en clôture.
Le secteur bancaire américain sous les projecteurs
"Globalement, les grandes banques américaines ont publié de solides résultats (...) ce qui suggère que l'économie américaine reste en bonne santé", souligne Kathleen Brooks.
La banque d'affaires américaine Morgan Stanley (+3,86% à Wall Street) a publié jeudi un bénéfice net en hausse de 19% sur un an, à 4,4 milliards de dollars, supérieur aux attentes du marché.
Le bénéfice net de Goldman Sachs (+2,78%) a lui atteint 4,38 milliards de dollars au quatrième trimestre, soit une hausse de 12% sur un an.
Contrat avec l'armée française pour Daimler Truck
Le leader mondial des camions Daimler Truck (+1,98% à Francfort), allié au français Arquus, filiale du groupe belge John Cockerill, a indiqué jeudi avoir reçu du ministère français des Armées un contrat pour la livraison de 7.000 camions militaires pour l'armée française.
La valeur du contrat avoisine les 2 milliards d'euros, a indiqué une source proche des entreprises à l'AFP, confirmant une information publiée mercredi dans Les Echos.
afp/cw



















