Les cours du pétrole ont chuté d'environ 6% mercredi après que le président américain Donald Trump a affirmé que les négociations avec l'Iran étaient entrées dans leur phase finale. Les investisseurs restent toutefois prudents quant à l'issue des pourparlers de paix, alors que les perturbations de l'offre au Moyen-Orient se poursuivent. 

Le contrat à terme sur le Brent a clôturé en baisse de 6,26 dollars, soit 5,63%, à 105,02 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain a cédé 5,89 dollars, soit 5,66%, pour s'établir à 98,26 dollars.

Donald Trump a déclaré que les négociations avec l'Iran touchaient à leur fin, tout en mettant en garde contre de nouvelles attaques si Téhéran ne consentait pas à un accord.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a indiqué que l'Iran était prêt à élaborer des protocoles pour la sécurité du trafic maritime en coopération avec d'autres États côtiers, sans toutefois fournir plus de précisions.

Malgré ces signes de progrès, certains acteurs du marché et analystes demeurent sceptiques quant au dénouement des négociations et à la récurrence des tensions sur l'offre mondiale, qui devraient persister même en cas d'accord entre Washington et Téhéran.

'Il faut prendre toutes ces déclarations avec des pincettes par les temps qui courent, mais le marché s'est empressé de saluer la nouvelle en intégrant l'espoir d'une résolution', a commenté John Kilduff, associé chez Again Capital.

Les analystes de Citi ont indiqué mardi prévoir une remontée du Brent vers les 120 dollars le baril à court terme, estimant que les marchés pétroliers sous-estiment le risque d'une interruption prolongée de l'offre. De son côté, Wood Mackenzie a estimé que les cours pourraient approcher les 200 dollars si le détroit d'Ormuz restait largement fermé jusqu'à la fin de l'année.

Dans la même lignée, les analystes de PVM ont averti que les stocks mondiaux de pétrole pourraient atteindre des niveaux critiquement bas. 'Pourtant, comme on l'a observé récemment, les intervenants font preuve d'une certaine nonchalance (ou complaisance) face aux conséquences potentielles du conflit', a souligné PVM. 

La prime des contrats Brent pour livraison le mois prochain par rapport aux contrats à six mois - un indicateur de la perception du marché sur l'étroitesse actuelle de l'offre - se situe autour de 20 dollars le baril, bien en deçà des sommets de plus de 35 dollars atteints le mois dernier.

Le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak a déclaré mercredi que certains pays levaient les sanctions sur le pétrole russe car les marchés mondiaux ne peuvent fonctionner sans lui, selon l'agence de presse d'État TASS.

Trois superpétroliers ont franchi le détroit d'Ormuz mercredi, transportant du brut vers les marchés asiatiques après avoir patienté dans le Golfe pendant plus de deux mois avec 6 millions de barils à bord. Le nombre de navires traversant le détroit reste bien inférieur aux quelque 130 passages quotidiens enregistrés avant le conflit. 

Le PDG d'ADNOC (EAU), Sultan Al Jaber, a déclaré mercredi qu'il faudrait au moins quatre mois pour retrouver 80% des flux d'avant-conflit.

Pour pallier le déficit d'approvisionnement, les pays puisent dans leurs réserves commerciales et stratégiques.

Les stocks de brut américains ont diminué la semaine dernière alors que la demande restait soutenue, a annoncé mercredi l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA). Les réserves de brut ont chuté de 7,9 millions de barils pour s'établir à 445 millions de barils au cours de la semaine achevée le 15 mai, alors que les analystes interrogés par Reuters prévoyaient un repli plus modeste de 2,9 millions de barils.