L'aversion au risque a resurgi sur les places financières cette semaine alors que les opérateurs ont subitement réalisé que les valorisations des valeurs technologiques pouvaient être élevées. Parallèlement, les incertitudes persistent au sujet de la trajectoire de la Fed ainsi que sur la santé de l'économie américaine tandis que le shutdown empêche toujours la diffusion de la plupart des statistiques. La volatilité devrait donc perdurer dans les séances à venir avec les prochaines publications de sociétés.
Variations hebdomadaires*
CAC 40
7 950  -2,1 %Graphique
ENGIE +4,29 %
ACCOR +2,94 %
MICHELIN (CGDE) +2,64 %
CAPGEMINI SE -7,6 %
LEGRAND -13,14 %
EDENRED SE -16,17 %
STOXX EUROPE 600...
564,79  -1,24 %
Graphique STOXX EUROPE 600...
S&P 500
6 728,8  -1,63 %
Graphique S&P 500
NIKKEI 225
50 268,45  -3,92 %
Graphique NIKKEI 225
GOLD
3 999,17 $US  +0,47 %
Graphique GOLD
BRENT CRUDE OIL ...
63,64 $US  -2,27 %
Graphique BRENT CRUDE OIL ...
EURO / US DOLLAR
1,16 $US  +0,32 %
Graphique EURO / US DOLLAR
Tops / Flops de la semaine

Tops :

Rivian Automotive +12,23 % : le constructeur américain de véhicules électriques enregistre une forte  progression des livraisons avant la fin du crédit d’impôt fédéral. Le groupe a réduit ses pertes et confirmé le lancement de son SUV R2 pour l’an prochain. La création d’une filiale en robotique industrielle a aussi été annoncée pour diversifier les activités. 

Vestas +14,89 % : le fabricant danois d’éoliennes a révisé à la hausse ses prévisions de chiffre d’affaires annuel. Un programme de rachat d’actions de 150 millions d’euros a également été annoncé.

Idexx Laboratories +12,54 % : le spécialiste du diagnostic vétérinaire revoit ses prévisions annuelles à la hausse. Les clients continuent de dépenser beaucoup pour la santé de leurs animaux malgré un léger ralentissement des visites en clinique. La demande est forte pour les équipements de diagnostic et les services logiciels. L’entreprise prépare l’élargissement de sa gamme de dépistage du cancer canin d’ici l’an prochain.

BMW +6,71 % : le constructeur automobile allemand continue de tirer son épingle du jeu. Sur le dernier trimestre, la marge d’exploitation a été supérieure aux attentes, grâce à la baisse des coûts.

Geberit +6,24 % : l’entreprise suisse leader européen des solutions sanitaires a publié des résultats convaincants cette semaine avec une hausse de son chiffre d’affaires notamment grâce à une demande solide sur ses nouveaux produits.

Banca Monte dei Paschi di Siena +2,25 % : la banque italienne a publié des résultats supérieurs aux attentes. Les perspectives sont solides, grâce à l’acquisition de Mediobanca. 

Flops 

Celsius -31,06 % : la marque de boissons énergétiques enregistre une forte croissance de ses ventes et a su améliorer sa rentabilité malgré la hausse des coûts de production. Mais la valorisation intégrait déjà ces bonnes performances. Les investisseurs attendaient mieux. 

Doordash -19,68 % : les dépenses ont trop augmenté pour le spécialiste californien de la livraison de repas. L’entreprise veut investir massivement d’ici l’année prochaine pour accélérer son expansion internationale, renforcer sa plateforme d’intelligence artificielle et développer la livraison autonome. Ces projets ne pourront se faire sans impacter les marges à court terme. 

Axon Enterprise -17,72 % : les droits de douane mis en place par l’administration Trump impactent le fabricant américain de matériel de sécurité. Axon a également annoncé l’acquisition de la plateforme d’urgence Carbyne qui propose une offre technologique pour les forces de l’ordre.

Pinterest -18,16 % : la plateforme de découverte visuelle souffre de la concurrence des géants de la publicité en ligne et de la baisse des budgets marketing des entreprises. Pour autant, la base d’utilisateurs progresse mais la monétisation des nouveaux abonnés reste limitée et l’entreprise peine à tirer parti des avancées en intelligence artificielle. 

Telefonica -16,69 % : le géant espagnol des télécommunications a dévoilé un plan stratégique qui vise à réduire sa dette et à se recentrer sur ses principaux marchés en Europe et au Brésil. Le groupe a poursuivi la cession de filiales latino-américaines peu rentables et réduit son dividende pour renforcer sa solidité financière. Par ailleurs, les résultats ont été affectés par des dépréciations et un ralentissement de la croissance.

Legrand -13,14 % : le spécialiste des infrastructures électriques est porté par la demande dans les centres de données, notamment en Amérique du Nord. Mais le ralentissement en Europe a affecté l’ensemble et cela ne passe pas au regard de la valorisation. Pour autant, les objectifs annuels initialement formulés ont été confirmés. 

International Consolidated Airlines -12,37 % : la maison mère des compagnies aériennes British Airways et Iberia a souffert du ralentissement du trafic de loisirs vers les États-Unis et de la pression tarifaire en Europe. Pour autant, la demande reste forte et les réservations donnent de l’optimisme pour la fin d’année. IAG poursuit par ailleurs ses investissements dans l’expérience client et la connectivité à bord. Le repli du titre est à mettre en perspective avec le beau parcours de ces derniers mois.  

Siemens Healthineers -10,87 % : le quatrième trimestre du spécialiste des technologies médicales est décevant. La croissance est plus modeste qu’en début d’exercice. Les profits ont été impactés par les droits de douane. Pour lutter, la société dit vouloir monter ses prix, mieux maîtriser ses coûts et ajuster sa chaîne de valeur. Mais les promesses n’ont pas rassuré. 

Novo Nordisk -7,83 % : le norvégien qui intervient dans les antidiabétiques et traitements de l’obésité a conclu avec les États-Unis un accord de baisse des prix de ses médicaments amaigrissants. En parallèle, il a resserré ses prévisions de la fin d’année à cause de la concurrence, la pression tarifaire et les coûts de restructuration. Les réactions d’analystes avaient été partagées, tandis que la concurrence de Lilly s’était renforcée, notamment en Inde.

Graphique Matières Premières
Matières premières

Energie : Le marché du pétrole reste orienté à la baisse en raison des perspectives de surplus pour 2026. L'OPEP+ a annoncé une augmentation de 137 000 barils par jour pour décembre, mais a suspendu toute hausse pour le premier trimestre de 2026. La baisse des prix de vente vers les marchés asiatiques par l'Arabie saoudite témoigne également d'un marché bien approvisionné. D'autres facteurs contribuent à la pression sur les prix, notamment la prolongation de la fermeture partielle du gouvernement américain, qui affecte l'activité économique et réduit la demande pour certains produits pétroliers comme le kérosène. Enfin, les sanctions contre la Russie continuent de créer des divergences sur le marché. Il est difficile d’estimer comment ces mesures pourraient perturber l'approvisionnement en pétrole de la Russie vers ses principaux clients, notamment la Chine et l'Inde. Au niveau des cours, le Brent s'échange autour de 66,80 USD, contre 62,60 USD pour le WTI.

Métaux : Le cuivre recule cette semaine à Londres à 10682 USD (échéance 3 mois). Malgré la très belle dynamique des prix cette année, des nuages s’amoncellent du côté de la demande après la publication de l’indice PMI manufacturier chinois décevant. Le marché se met donc en mode pause dans l’attente des prochains indicateurs économiques chinois, ainsi qu'aux éventuelles décisions de la Réserve fédérale américaine sur les taux d'intérêt. L’or a gagné un peu de terrain et oscille autour de 4000 USD. Le métal doré trouve un certain soutien avec le shutdown aux Etats-Unis et le repli des actions. Les investisseurs considèrent l'or comme une valeur refuge dans ce climat d'incertitude. Par ailleurs, le marché de l'emploi américain a faibli en octobre, alimentant la probabilité de réduction des taux, estimée à 67% pour décembre. Cela accentue l'attrait de l'or.

Produits agricoles : Blé, maïs et soja reculent cette semaine à Chicago. L’espoir initial suscité par la suspension temporaire par la Chine de certains droits de douane a été tempéré par des achats limités de la part de Pékin. Le blé cède du terrain à 531 cents le boisseau (échéance décembre 2025), tout comme le maïs à 428 cents. 

Graphique Matières Premières
Macroéconomie

Macro : La semaine fut difficile pour les bourses mondiales malgré une saisonnalité positive et des publications de résultats globalement supérieures aux attentes. Un discours moins dovish que prévu par la Fed et des investissements dans l’IA qui tardent à se concrétiser sur les gains de productivité (et sur les bénéfices) expliquent pour une bonne partie la glissade enregistrée. Il ne faudrait toutefois pas jeter l’enfant avec l’eau du bain d’autant que depuis mi-avril, le marché américain n’a quasiment pas repris son souffle, les quelques phases de consolidation n’ayant pas excédé les 4%. On surveillera donc avec intérêt le comportement du S&P 500 autour des 6700/6690 dont seule la cassure viendrait donner le “la” d’une consolidation plus importante. Du côté des rendements obligataires, le 10 ans américain a pour le moment buté sur une zone de résistance comprise entre 4.14% et 4.24% tout comme le dollar index qui n’est pas parvenu à franchir les 100.25 en parallèle.

Crypto : Le bitcoin (BTC) repasse sous la barre symbolique des 100 000 USD cette semaine. Il recule de près de 10% et entraîne, comme souvent, l’ensemble du marché avec lui. Ether (ETH), la deuxième cryptomonnaie la plus valorisée, chute de plus de 17% et se rapproche des 3 000 USD. Solana (SOL) glisse de près de 20% et gravite désormais autour des 150 USD. Globalement, près de 400 Mrds USD de valorisation se sont évaporés du marché crypto cette semaine. En cause ? L’aversion pour le risque, dont les cryptomonnaies sont en première ligne, et un contexte économique qui se tend légèrement, expliquant en grande partie la baisse observée. Un nouvel épisode qui montre que les cryptos restent des actifs très sensibles à la macroéconomie et que leurs trajectoires demeurent étroitement corrélées aux valeurs technologiques, le Nasdaq faisant office de baromètre. Le narratif d’adoption les expose aux mêmes vents contraires : tant que le régime de marché ne redevient pas franchement risk-on, la volatilité des cryptos amplifie les secousses des actions.

Graphique de Cours
Le débat sur la bulle spéculative entourant l'IA a un peu crispé les investisseurs cette semaine. Pendant ce temps, la poursuite du shutdown aux Etats-Unis contrarie toujours la publication des statistiques. L'inflation d'octobre, qui aurait dû être annoncée jeudi, ne le sera probablement pas. En Europe, l'indice ZEW de confiance des financiers allemands (mardi) et le PIB britannique du T3 (jeudi) seront les principaux temps forts de la semaine. Côté sociétés, on retrouvera durant la semaine des résultats des stars chinoises de la tech (Alibaba, Tencent, Netease ou SMIC), des sociétés américaines exposées à l'IA (CoreWeave, Applied Materials...) et quelques grandes capitalisations européennes (Infineon, Siemens, Richemont, Allianz...).
Bon weekend à nos lectrices et à nos lecteurs.
Les articles de la semaine
Le shutdown record fait dérailler l'administration, mais pas la BourseLe shutdown record fait dérailler l'administration, mais pas la Bourse
Sur le National Mall à Washington, les musées et monuments nationaux, jadis bondés, sont fermés au public. Depuis le 1er octobre, le gouvernement fédéral est... Lire la suite
Correction, consolidation, bear market, KRACH !!! : le vocabulaire de la cata boursièreCorrection, consolidation, bear market, KRACH !!! : le vocabulaire de la cata boursière
Halloween est passé, mais les marchés continuent à jouer à se faire peur en ce moment. C'est ce qui se produit quand les indices ne cessent de monter depuis... Lire la suite
Comment l'inflation rattrape Donald TrumpComment l'inflation rattrape Donald Trump
Réélu il y a un an dans un climat de mécontentement face au retour de l'inflation, Donald Trump peine à enrayer la hausse des prix. Ce problème persistant a... Lire la suite
*Les variations hebdomadaires des indices et des actions affichés sur le tableau de bord concernent la période du lundi à l'ouverture des marchés respectifs au vendredi à l'heure d'envoi de cette newsletter.
Les variations hebdomadaires des matières premières, métaux précieux et devises affichés sur le tableau de bord concernent une période sur 7 jours glissants du vendredi au vendredi jusqu'à l'envoi de cette newsletter. Ces actifs continuent de coter les weekends.