L'armée serbe doit se doter d'unités dédiées aux drones d'attaque, a déclaré mercredi le président Aleksandar Vucic, alors que ce pays des Balkans s'efforce de moderniser ses forces armées pour s'affranchir de technologies obsolètes datant de l'ère soviétique.

Belgrade a déjà fait l'acquisition d'armements et d'équipements modernes auprès de l'Europe, d'Israël et de la Chine, et souhaite adapter sa stratégie militaire aux exigences de la guerre moderne.

La Serbie maintient une neutralité militaire et cherche un équilibre entre son partenariat avec l'OTAN, ses aspirations à rejoindre l'Union européenne et ses liens historiques avec la Russie et la Chine.

Après avoir rencontré le haut commandement militaire à Belgrade, Vucic, chef suprême des armées, a indiqué avoir proposé la formation d'unités équipées de drones d'attaque à longue portée et de munitions rôdeuses, capables de survoler une zone de frappe avant de s'abattre sur leurs cibles.

"Outre l'augmentation de la production de drones, que je prévois de voir exploser cette année... nous nous consacrerons de manière significative à la... numérisation de notre armée", a-t-il déclaré.

"Je pense qu'à cet égard, nous serons l'une des armées présentant l'interopérabilité la plus marquée et les capacités les plus importantes, non seulement dans notre région, mais aussi au-delà."

La Serbie dispose d'une armée de 22 500 hommes et a alloué, en 2026, 3,3 % de son PIB aux dépenses de défense.

Le réarmement de la Serbie a suscité des critiques de la part de la Croatie, de la Bosnie et du Kosovo, ses voisins et anciens adversaires lors des conflits des années 1990, qui y voient une menace pour la stabilité régionale. Belgrade rejette ces accusations.

Les déclarations de Vucic interviennent au lendemain de l'annonce de la création d'une usine de fabrication de drones en partenariat entre la Serbie et Israël.

Début 2025, la Serbie a également acquis des systèmes d'artillerie PULS et des drones Hermes produits par l'israélien Elbit Systems pour 335 millions de dollars. En août 2025, elle a complété ses achats par des missiles de longue portée, des drones et du matériel de guerre électronique pour environ 1,6 milliard de dollars.

Le pays a par ailleurs acheté des avions de transport et des hélicoptères auprès d'Airbus, ainsi que des missiles et des drones chinois.

Belgrade a enfin fait l'acquisition d'avions de chasse Rafale, fabriqués par le français Dassault, pour un montant de 2,7 milliards d'euros (3,18 milliards de dollars), afin de remplacer sa flotte vieillissante de MiG-29 de conception soviétique.