La Serbie n'autorisera pas une société locale récemment constituée à acquérir une participation majoritaire dans le groupe pétrolier NIS, sous contrôle russe, faute d'expertise suffisante, a déclaré jeudi le président Aleksandar Vucic.

Une entité nommée KFT Senator Treasury G.T.7 Two LLC (Senator) - fondée en août dernier et dirigée par l'homme d'affaires local Ranko Mimovic - a annoncé mercredi avoir soumis une offre de 2 milliards d'euros (2,35 milliards de dollars) pour racheter les 51,16% du capital de NIS détenus par les russes Gazprom Neft et Gazprom.

Cette offre viendrait concurrencer le hongrois MOL, actuellement en négociations pour l'acquisition d'une part majoritaire dans NIS. Cette cession est une condition sine qua non posée par les Etats-Unis pour la levée des sanctions pesant sur la société, qui exploite l'unique raffinerie de pétrole de Serbie.

'Il (Mimovic) n'a jamais traité (le raffinage de brut) de sa vie, et maintenant il voudrait racheter (NIS) ... La Serbie ne le permettra pas', a déclaré Vucic aux journalistes à Belgrade.

L'Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain a imposé des sanctions contre NIS en octobre dernier, dans le cadre de mesures plus larges visant la Russie suite au conflit en Ukraine, exigeant le désengagement des sociétés russes du capital.

Dans un communiqué publié mercredi, Gazprom Neft a précisé préparer activement la vente de sa participation dans NIS à MOL et a affirmé ne négocier avec aucune autre partie.

Gazprom détient 11,3% de NIS, tandis que Gazprom Neft en possède 44,9%. Le gouvernement serbe contrôle 29,9%, le solde étant réparti entre de petits actionnaires et les salariés.

(1 $ = 0,8503 euro)

(1 $ = 99,6300 dinars serbes)