Ce n'est pas le premier pour Western Union, à l'origine une compagnie de télégraphe, qui entreprit de se repositionner il y a une quarantaine d'années - c'est-à-dire au début d'une tendance lourde - sur les transferts d'argent effectués par les migrants vers leurs pays d'origine.
Autrefois incontournable, la position compétitive de l’enseigne au logo noir et jaune, qui revendique une taille deux fois supérieure à celle de son premier poursuivant, a été sévèrement érodée par le tout-digital et la pléthore de solutions de paiements internationaux récemment arrivées sur le marché.
En conséquence, son activité fond comme neige au soleil, avec un chiffre d'affaires qui décline de 5,4 milliards de dollars en 2016 à 4 milliards en 2025, et un profit d'exploitation qui passe pour sa part de 1,1 milliard de dollars à 768 millions au fil de la dernière décennie écoulée.
Comme nombre d'entreprises en décroissance structurelle, mais cependant très profitables, Western Union a choisi de se ‘cannibaliser’, c'est-à-dire d'appuyer fort sur les rachats de ses propres actions, et a ainsi réduit son nombre de titres en circulation d'un tiers en dix ans.
En parallèle, la dette nette restait stabilisée sous la barre des 2 milliards de dollars. S’ils restent à priori dans le domaine du maitrisable, les ratios de solvabilité se sont sensiblement dégradés depuis deux ans, remontée des taux oblige.
En parallèle de la diversification de ses services, la stratégie du groupe demeure orientée vers une redistribution complète de ses profits aux actionnaires. Ces trois dernières années, Western Union réalisait en agrégat 2 milliards de dollars de bénéfices, ce qui lui a permis de retourner 1,7 milliard de dollars à ses actionnaires, dont 1 milliard en dividendes et 700 millions en rachats d'actions.
À un cours de 9 dollars par action, cette capacité bénéficiaire est à mettre en rapport avec une capitalisation boursière de 2,8 milliards de dollars, une valeur d'entreprise - qui inclut la dette nette - de 4,7 milliards de dollars, et un rendement sur dividende supérieur à 10%, reflet de la défiance des investisseurs quant aux capacités de réinvention du groupe.
Celui-ci n’en affiche pas moins des objectifs agressifs. D'ici 2028, il entend porter la part des services - type paiement de factures, crédit ou change - à la moitié de son chiffre d'affaires consolidé, contre 40% aujourd'hui, et ainsi reprendre le chemin de la croissance pour atteindre 5 milliards de dollars de revenus à cette échéance.


















