Le gouvernement britannique prévoit d'interdire aux organismes du secteur public et aux opérateurs d'infrastructures nationales critiques, notamment le service national de santé (NHS), les collectivités locales et les établissements scolaires, de céder aux demandes de rançon formulées par des cybercriminels, a-t-il annoncé mardi.
Le pays a été la cible de nombreuses cyberattaques retentissantes ces dernières années, de l'attaque "WannaCry" qui avait paralysé le NHS en 2017, jusqu'à la British Library, dont les activités ont été perturbées après avoir refusé de payer une rançon en 2023.
« Nous sommes déterminés à briser le modèle économique des cybercriminels et à protéger les services sur lesquels nous comptons tous », a déclaré le ministre de la Sécurité, Dan Jarvis, dans un communiqué. « Nous envoyons un signal clair : le Royaume-Uni est uni dans la lutte contre les rançongiciels. »
Les rançongiciels, ces logiciels malveillants utilisés par des criminels pour accéder aux systèmes informatiques de leurs victimes, chiffrer des données ou voler des informations afin de les détenir en otage jusqu'au paiement d'une rançon, coûtent chaque année des millions de livres à l'économie, selon le communiqué.
Les attaques récentes mettent en évidence « les risques opérationnels, financiers, voire vitaux, extrêmement graves », souligne le document. Parmi les mesures annoncées figurent un régime de prévention des paiements de rançon pour les victimes de cyberattaques et un dispositif de signalement des incidents liés aux rançongiciels.
Une attaque récente contre le NHS a été citée parmi les facteurs ayant contribué au décès d'un patient, selon le communiqué. Une série d'attaques ayant visé des enseignes britanniques, de Marks & Spencer jusqu'au groupe Co-op, a également ébranlé la confiance du public cette année.
Selon ces propositions, les entreprises non concernées par cette future interdiction devront informer le gouvernement de toute intention de payer une rançon, afin de bénéficier de conseils et d'un accompagnement. Par ailleurs, un dispositif de signalement obligatoire est en cours d'élaboration, afin de fournir aux forces de l'ordre les renseignements essentiels leur permettant de lutter contre les auteurs de ces actes et de perturber leurs activités.

























