L'indice de référence de Wall Street, le S&P 500, a suivi la hausse des actions mondiales mercredi, tandis que les cours du pétrole se sont maintenus bien en dessous des 100 dollars le baril. Cette tendance fait suite aux déclarations du président américain Donald Trump, évoquant une possible reprise des négociations pour mettre fin à la guerre avec l'Iran d'ici deux jours.

Le détroit d'Ormuz, voie de passage cruciale pour un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de gaz, reste de fait fermé. Toutefois, la perspective d'une reprise imminente du dialogue entre les États-Unis et l'Iran a contribué à raffermir la confiance des investisseurs.

À Wall Street, le Dow Jones Industrial Average a cédé 0,43% à 48 329,22 points, le S&P 500 a progressé de 0,35% à 6 991,53 points et le Nasdaq Composite a grimpé de 0,93% à 23 858,36 points.

"Les marchés d'actions, en particulier aux États-Unis, ont rebondi assez vigoureusement, témoignant d'une certaine confiance dans le fait que nous touchons probablement au but, ou du moins à la fin", a déclaré David Seif, économiste en chef pour les marchés développés chez Nomura, en référence aux "perturbations de l'offre résultant de la fermeture d'Ormuz".

L'indice MSCI All-Country World a progressé de 0,32% pour s'établir à 1 057,95 points.

Les actions européennes ont connu une séance plus difficile, reculant de 0,41%.

Donald Trump a déclaré à ABC News que les pourparlers avec l'Iran pour mettre fin à la guerre reprendraient bientôt et aboutiraient à un accord, invitant le monde à s'attendre à "deux jours incroyables".

Les cours du pétrole ont débuté la séance sur une note globalement stable après les fortes baisses de mardi, la fermeture persistante du détroit d'Ormuz venant contrebalancer l'optimisme entourant les négociations de paix.

Une baisse surprise des stocks hebdomadaires de brut aux États-Unis a porté le brut américain en hausse de 1,33% à 92,44 dollars le baril, tandis que le Brent a progressé de 0,66% sur la journée pour atteindre 95,37 dollars le baril.

Les résultats des grandes banques se sont révélés solides. Le titre Bank of America a gagné 1,6% après que le deuxième prêteur américain a fait état d'une croissance de son bénéfice au premier trimestre. Morgan Stanley a bondi de 4,4% après avoir également publié un bénéfice trimestriel en forte hausse.

LE DOLLAR S'APPRÉCIE LÉGÈREMENT

Le dollar américain a légérement progressé mercredi après sept séances consécutives de baisse, qui l'avaient ramené à des niveaux inédits depuis le début de la guerre en Iran le 28 février, les investisseurs évaluant la probabilité d'une reprise prochaine des pourparlers de paix.

L'indice dollar, qui mesure la devise américaine face à un panier de six monnaies, s'est adjugé 0,03% sur la journée à 98,11.

"Non seulement nous sommes à la merci des gros titres sur le conflit, mais l'attention va désormais se porter sur la croissance économique", a souligné Juan Perez, directeur principal du trading chez Monex US.

UN CERTAIN SOUTIEN POUR LES TREASURIES

L'optimisme des investisseurs quant à une cessation rapide des hostilités a également apporté un certain soutien aux bons du Trésor américain, qui avaient souffert récemment des craintes inflationnistes.

Le rendement du Trésor à deux ans, qui évolue généralement au gré des anticipations sur la politique monétaire de la Réserve fédérale, a progressé de 2,3 points de base à 3,774%. Le rendement à 10 ans a augmenté de 2,5 points de base pour s'établir à 4,282%.

Les perturbations des marchés mondiaux de l'énergie dues à la guerre en Iran ont eu un impact économique plus marqué pour les marchés européens que pour les États-Unis, qui sont exportateurs nets d'énergie, a précisé David Seif de Nomura.

"Si l'on compare l'évolution des prix des obligations aux États-Unis, les Treasuries, par rapport à l'Europe, la situation n'a pas été favorable aux prix des obligations américaines, mais elle a sans doute été beaucoup moins négative", a-t-il ajouté.

Le rendement du Bund allemand à 10 ans, référence de la zone euro, a progressé d'un point de base à 3,04%, contre 3,03% mardi soir.

Le Fonds monétaire international a abaissé mardi ses perspectives de croissance et a prévenu que l'économie mondiale basculerait au bord de la récession si le conflit venait à s'aggraver.