Le Sénat des États-Unis a fait progresser jeudi les nominations de dizaines de personnalités choisies par le président Donald Trump pour des postes gouvernementaux, votant selon des lignes partisanes pour des candidats tels que l'activiste conservateur Leo Brent Bozell III au poste d'ambassadeur en Afrique du Sud, ainsi que l'ancienne contributrice de Fox News, Tammy Bruce, au poste d'ambassadrice adjointe auprès des Nations unies.

Le décompte s'est établi à 52 voix contre 47 lors d'un vote procédural destiné à faire avancer les nominations de 97 candidats à des postes d'ambassadeur et de niveau subministériel. Le scrutin s'est déroulé selon une stricte division partisane, l'ensemble des Républicains alliés à Trump votant en faveur, tandis que tous les Démocrates s'y sont opposés.

Le sénateur républicain Steve Daines, du Montana, n'a pas pris part au vote.

Parmi les ambassadeurs figurait Bozell, un critique des médias conservateurs qui prendrait ses fonctions dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l'Afrique du Sud.

Répétant des affirmations discréditées selon lesquelles les Blancs seraient persécutés en Afrique du Sud, Trump a mis en place un programme de réfugiés favorisant les Sud-Africains blancs et a réduit l'aide accordée au pays. En mars, son administration a expulsé l'ambassadeur sud-africain à Washington, Ebrahim Rasool, qualifié par le secrétaire d'État Marco Rubio de « politicien attisant les tensions raciales » et d'ennemi de Trump.

Le fils de Bozell faisait partie des partisans pro-Trump qui ont pris d'assaut le Capitole le 6 janvier 2021. Il a été condamné à 45 mois de prison, mais a été libéré en janvier à la faveur de la grâce massive accordée par Trump aux participants à l'attaque.

La nomination de Tammy Bruce au poste de représentante adjointe des États-Unis auprès des Nations unies a également progressé jeudi. Ancienne contributrice de Fox News, Bruce a occupé les fonctions de porte-parole du département d'État durant les premiers mois du second mandat de Trump cette année.

Après des mois de plaintes des Républicains accusant les Démocrates de ralentir l'installation des candidats de Trump à des postes clés du gouvernement, la majorité républicaine a eu recours en septembre à la stratégie dite de « l'option nucléaire » pour modifier le règlement du Sénat, réduisant ainsi la capacité du parti minoritaire à freiner les nominations.

Ce changement de règle permet désormais à la majorité de soumettre en bloc de larges groupes de candidats à un vote de confirmation, au lieu de procéder nomination par nomination.

Cette modification ne s'applique pas aux confirmations des juges fédéraux ni aux chefs des agences ministérielles.

Les divisions partisanes au Sénat se sont accentuées depuis le début du second mandat de Trump le 20 janvier. Les Républicains soutiennent quasi unanimement ses candidats et initiatives, tandis que les Démocrates s'y opposent systématiquement.

Chaque parti accuse l'autre de refuser tout compromis.